Di sak na pou di

Le Notaire : j’ai envie de me rappeler…

Raymond Lauret / 9 juillet 2015

Maître Bertrand Macé est le tout nouveau Président de la Chambre des Notaires de La Réunion. Il a à assurer la continuité des engagements de ceux qui l’ont précédé pour que cette délicate et importante profession ne subisse pas la loi d’une certaine bureaucratie. Comme il pourrait en être de la Loi Macron qui a la fâcheuse tendance à tout mélanger et, s’agissant de la profession de Notaire, à ignorer l’aspect humain qui la guide souvent.

Bertrand Macé le dit sans détour : « Le gouvernement privilégie une approche quantitative et non qualitative… On n’est plus géré uniquement par le ministère de la Justice, notre autorité de tutelle, mais également par celui des Finances. Cela veut tout dire… ». Or, le modèle notarial français, qui ne date pas d’aujourd’hui, est reconnu. Au point, ajoute le Président de la Chambre des Notaires de notre île, « qu’il est installé dans la quasi-totalité des pays européens… Il a fait ses preuves ». Et voilà que, depuis Bruxelles, des technocrates, avant tout soucieux du redressement des finances publiques, incitent les autorités françaises, pour canaliser une profession sensible sur le plan de la relation humaine, à se rapprocher du modèle anglo-saxon, lequel se caractérise par la non prise en compte des spécificités jusqu’à les ignorer superbement. Grave décision…

J’ai ici envie de me rappeler.

C’était en 1998 et 1999. L’O.M.S. du Port avait organisé, à l’attention du public le plus large, trois concours autour du livre « Vingt-cinq ans d’une expérience unique » que, avec Mickaël Rosalie, nous venions de sortir. Plus de 7500 ouvrages avaient été écoulés dans toute l’île. Pour garantir l’anonymat des réponses, nous avions demandé à Maître Jean Marc Marel, Notaire à Saint-Denis, s’il lui serait possible de recevoir l’ensemble des copies et de faire en sorte que nous n’ayons qu’un numéro sur chaque feuillet de chacun des participants. A chaque fois, il y eut prés de 800 dossiers qui arrivèrent à l’étude notariale. Là, avec son secrétariat, Maître Marel organisa méticuleusement cet anonymat avant de nous transmettre, pour correction, le résultat des recherches du public réunionnais. A trois reprises, Maître Marel se déplaça au Port pour venir révéler, devant un public nombreux, les noms des participants et notamment ceux des dix premiers auxquels étaient remis des lots. Dois-je le préciser : Maître Marel ne nous a jamais demandé le moindre centime pour ce qui avait été un énorme travail. Avec son secrétariat, il l’avait fait au nom de l’amitié et de la confiance qui avaient toujours marqué nos relations.

Oui, aujourd’hui comme hier, le Notaire réunionnais a le souci d’accompagner celui qui frappe à sa porte. Et Maître Macé a bien raison quand il souligne que, Loi Macron ou pas, « pour nous, il importe de mieux accompagner nos clients dont certains émettent le souhait d’investir dans la zone océan indien… Tout comme il est de notre devoir d’accompagner les territoires qui souhaitent développer le notariat français… ».


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