Di sak na pou di

Le nouveau culte du veau d’or

Témoignages.re / 1er décembre 2011

Le veau d’or, c’était l’idole de pierre qu’ont adorée des peuples dans le désert il y a très longtemps à l’époque de Moïse. Cette idole qui symbolisait la matérialité et l’animalité est de retour aujourd’hui sous la forme du culte du fric à outrance. Les preuves : les trois ministres des Finances qui ont été nommés dernièrement en Grèce, en Italie, en Espagne sont des ex-conseillers ou banquiers. Ainsi, Mario Monti (nouveau président du Conseil italien) a été conseiller international de Goldman Sachs.
Mario Draghi (nouveau patron de la Banque centrale européenne) a été à l’origine des privatisations en Italie de 1993 à 2001 avant de devenir gouverneur de la Banque centrale italienne en 2006, il était dans le Conseil d’administration de Goldman Sachs. C’est lui qui a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour que ce pays puisse faire partie de l’Union européenne.
Lucas Papademos (nouveau chef du gouvernement grec) fut le gouverneur de la Banque centrale européenne grecque de 1994 à 2002, époque à laquelle, sur la foi de comptes maquillés par la banque Goldman Sachs, ce pays est parvenu à intégrer la zone euro.
Cherchez l’erreur : trois personnages qui ont travaillé avec la banque américaine Goldman Sachs qui fut à l’origine de la crise des subprimes. Ce sont ces prêts toxiques accordés à des ménages américains non solvables pour l’achat de leur maison qui ont entraîné des pays de la zone euro dans la tourmente économique. Ainsi, c’est le monde de la finance qui mène les gouvernements et non plus les politiques qui contrôlent les financiers.
Par ailleurs, il faut savoir que le remboursement de la dette publique n’est qu’un prétexte pour toujours nous ponctionner. Celle-ci existe depuis 1974 et n’a fait que s’amplifier. D’ailleurs, les sages de la Cour des comptes, dans leur rapport annuel de 2010, disent : « que la crise financière ne représente que la moitié des déficits publics ». Ils insistent sur le fait que « c’est la croissance des dépenses publiques et les baisses d’impôt qui ont été excessives pour certains contribuables ». Ce qui est inquiétant, c’est que « les deux tiers de cette dette sont aujourd’hui à la merci des marchés financiers et des agences de notation », d’après des économistes avertis. On nous fait croire que cette dette vient des citoyens, qu’il y a trop d’États, alors que d’après ces mêmes économistes, « la réalité est autre et que c’est l’excès de privatisation et de déréglementation qui pousse à l’affaiblissement des pays et rend les marchés tout-puissants ».
L’Espagne, l’Italie et la Grèce vont privatiser tous les services publics. En France, ces réformes ont commencé par des suppressions de postes dans l’Éducation nationale, le non-remplacement d’un agent sur deux qui part à la retraite… On nous laisse entendre que pour sortir de cette crise, il faut se serrer la ceinture, qu’il est nécessaire de geler le point d’indice des salaires des fonctionnaires. Bientôt, on nous dira qu’il faudra baisser le coût du travail et mettre les salaires au même rang que ceux d’autres pays où les salaires sont plus bas que le SMIC français, faire sauter les 35 heures… Qui subit les pots cassés ? Ce sont nous, les simples citoyens, nos enfants et nos futurs petits-enfants qui devront rembourser la dette de l’État. Alors que cet État a rempli les caisses de quelques banques qui ont été renflouées au bout de 2 ou 3 ans et prêté deux fois des milliards à la Grèce au nom de la solidarité européenne. Alors que si les caisses de l’État grec sont vides, c’est parce que les citoyens de ce pays répugnent à payer des impôts et font du travail au noir à outrance. Cependant, le culte du veau d’or n’existe que pour une poignée d’individus, des irresponsables qui affament les peuples, ce sont les lobbies financiers, pharmaceutiques, agricoles, etc. tout cela que pour le profit à outrance au détriment des populations, de la planète et de tout ce qui existe. Il faut savoir que chaque citoyen a à son compte ainsi que chaque enfant qui nait aujourd’hui une dette de 26.000 euros à rembourser à l’État et que la dette publique s’alourdit de 300 millions d’euros par jour. Cette crise n’est pas terminée.

Gabrielle Marie


Kanalreunion.com