Di sak na pou di

Le plan sciences de Luc Chatel fait pschitt...

Témoignages.re / 3 février 2011

Le fameux plan sciences présenté ce jour (hier-NDLR) par Luc Chatel, n’est finalement qu’une compilation de dispositifs qui existent depuis des années et montre surtout que le mode performatif et injonctif du ministère se heurte à la réalité chaque fois que ledit ministère se pique de réformer sans y mettre les moyens.

Pour le collège et la généralisation de l’enseignement intégré de sciences et de technologies (EIST), plusieurs remarques s’imposent :

• l’article 34 de la loi de 2005 est fait pour favoriser les innovations que les EPLE mettent en place, il n’est pas fait pour que le ministère impose ses expérimentations. C’est aux équipes de décider d’entrer dans un dispositif comme l’EST, dans le cadre de l’autonomie de l’établissement ;

• l’EIST, ce n’est pas un professeur pour enseigner trois matières, c’est au contraire une équipe pluri disciplinaire de trois enseignants pour deux classes : il n’est pas question de généraliser sans garantir les moyens nécessaires (abondement pour la physique en 6ème et heure de concertation pour l’équipe) ;

• plus un mensonge est gros, mieux il marche dit on, mais de là, à taire croire qu’un « plan sciences » favorisera l’expérimentation quand les coupes budgétaires obligent à augmenter la taille des classes...!

Quant au primaire,
• a la trouvaille du calcul mental quotidien, figure déjà dans la circulaire du 2 mars 2007 sur l’enseignement du calcul ;

• au moment où il se prive d’un outil de recherche en supprimant I’INRP, Luc Chatel se propose de lancer des recherches « universitaires » qui existent déjà ;

• au moment où il supprime la formation pédagogique des enseignants, il multiplie les missions des lEN plutôt que de donner aux stagiaires et aux enseignants le temps de se former ;

• développer l’usage des jeux est une bonne chose, mais c’est tout l’enseignement qui devrait susciter le désir d’apprendre. Pour cela il faut cesser de confondre apprentissage des fondamentaux et apprentissage contraint des automatismes.

Au final, on est bien loin de l’esprit du mouvement « La main à la pâte » sur lequel Luc Chatel prétend s’appuyer.

C’est sans doute que son intention est ailIeurs, dans la multiplication des communications pour masquer la crise profonde où le dogme de la réduction du nombre de fonctionnaires entraîne notre École.

Car l’arithmétique est une science têtue : que l’opération soit posée « à la main », à la calculette, ou mentalement, + d’élèves et d’enseignants = une dégradation des conditions de travail.

Maryvonne Quentel
La secrétaire générale adjointe du SGEN-CFDT


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