Di sak na pou di

Le port flottant de Bois-Rouge !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 7 juillet 2015

JPEG - 75.1 ko
Des champs de cannes transformés en zone portuaire ?

Un port à Bois-Rouge. Est-ce réaliste et réalisable ? Ne s’agirait-il pas là encore d’une pure forfanterie de Jean-Paul Virapoullé ? Les promesses n’engagent que ceux qui les font, dit-on. Et ce ne sont pas les Saint-Andréens habitués aux mensonges politiques à répétition, qui contrediront cet adage. L’orfèvre en la matière restant le maire de Saint-André qui – à la faveur des élections – éprouve le besoin de sortir une pléthore d’engagements, souvent farfelus, voire parfois insultants pour ses concitoyens.
Les dernières trouvailles du premier magistrat laissant songeur, m’offrent l’occasion de revenir sur certains (quelques-uns seulement, tant la liste est longue) de ses projets fumeux et jamais réalisés.

Il y a de cela quelques décennies, en pleine campagne électorale – pour les cantonales de mars 1979, me semble-t-il – le maire de Saint-André et son candidat, avaient promis la création, non pas d’un port, mais d’un quai de halage, à Grand Canal (Rivière du Mat les Bas). Beaucoup y avaient cru, en premier lieu les petits artisans pêcheurs eux-mêmes et leurs familles, pour qui cette activité de pêche artisanale constituait un complément de ressources non négligeable. Les élections passées, le projet n’a jamais vu le jour, sans doute emporté par la houle ! La structure finalement construite, beaucoup plus tard, mais à Bois-Rouge, non loin de l’usine, s’est avérée totalement inutilisable par les pêcheurs !

Le maire de Saint-André n’avait-il pas aussi promis, fut un temps, de transformer une grande portion du rivage de galets de Champ-Borne, en plage de sable fin ! N’avait-il pas, à l’époque, vanté que les gens de l’Est, n’auraient plus besoin de “s’emmerder“ dans les embouteillages pour aller se faire bronzer à Saint-Gilles ! Notre Champ-Borne allait devenir « Champ-Borne-Les-Bains », station balnéaire, lieu touristique incontournable de l’Est !

Début des années 2000, revoilà Jean-Paul Virapoullé, avec un projet titanesque concernant le parc du Colosse, où Il était question, entre autres, d’un zoo, d’un requinarium…, etc. Il avait réaffirmé, par la même occasion, son engagement à la construction d’un luxueux « hôtel flottant » à Grand-Etang (Bois-Rouge) où le client allait pouvoir découvrir les cinq continents, faire le tour du monde, sans « décoller » du Palace ! Le rêve était trop beau pour être vrai. Et comme il fallait s’y attendre, « l’hôtel flottant » a fait naufrage, disparaissant dans les profondeurs de l’océan. Et les autres projets aussi.

Chassez le naturel, il revient au galop. De retour en mars 2014 sur le devant de la scène politique, après sa traversée du désert, le maire de Saint-André et président de la CIREST, coutumier des grands coups médiatiques, nous balance, cette fois-ci, son ambition de vendre une partie de l’eau potable (l’or bleu) de Sainte-Rose, rejetée à la mer, 200 millions de m3, aux pays du Golfe Persique ! Mais depuis, les choses se seraient compliquées. Mové lang la di, il y aurait comme du… plomb dans l’eau !
Autre annonce phare (en gestation depuis 2007), la création de ce fameux port bicéphale à Bois-Rouge, avec 5000 emplois à la clé ! Il n’est pas interdit de rêver. Sauf que ce projet – sans entrer ici dans les détails – est en totale contradiction avec le Schéma Régional des Infrastructures et des transports de La Réunion (SRIT), et financièrement périlleux. Sans compter les aléas climatologiques. Tenter d’apporter la moindre contradiction au maire de Saint-André sur le sujet, même avec les plus solides arguments est un sacrilège, un crime ! Il sort de suite de ses gonds et se livre à des attaques insultantes, comme ce fut le cas le 19 juin dernier dans la presse, à l’égard du collectif de citoyens saint-andréens – dont deux élus – qui s’était interrogé sur la constitution du GIP (Groupement d’Intérêt Public) lié au projet en question.
Ce comportement est condamnable. Mais il est aussi et surtout révélateur du personnage et tranche radicalement avec l’image du « sage » que le maire de Saint-André veut se donner depuis son récent retour en politique. C’est sans doute là, la meilleure preuve que ces belles promesses cachent en réalité la plus grossière des tromperies.
D’ailleurs, interrogé à propos du GIP, et la pertinence du projet du port, le mardi 30 juin, lors de la séance plénière du Conseil Régional, Didier Robert a prudemment lâché : « Ce sont les études qui valideront ou pas l’opportunité d’un équipement de cette nature dans l’Est ». Une réponse bien différente du langage tenu jusqu’ici par le maire de Saint-André qui voudrait nous mener une fois de plus en… bateau vers un hypothétique port, en zone inondable, exposé à la houle, et à la montée des eaux. Et sans bouée de sauvetage !
Après « Champ-Borne Les-Bains », « l’Hôtel flottant du Grand-Etang », voilà le « Port flottant de Bois-Rouge » ! Déjà en plein tangage.

Paul Dennemont
Saint-André


Kanalreunion.com