Di sak na pou di

Le président Hollande…et sa ligne

Georges Benne / 27 septembre 2016

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On pense avoir trouvé dans son caractère les raisons de l’échec de son gouvernement, l’accusant de faiblesse ou de manque d’autorité, d’inconstance dans ses décisions voire de revirements ou de trahisons dans ses engagements. Et si la réalité tenait tout simplement dans la ligne qu’il a toujours suivie dès son entrée en politique, contrairement à l’avertissement lancé par François Mitterrand lors du congrès d’Épinay le 17 juin 1971 et que ce dernier n’a pas lui-même respectée : « Celui qui n’accepte pas la rupture (…) avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. »

Cette ligne, François Hollande l’a confirmée en décembre 2007, quand il était secrétaire général de son parti, dans son discours clôture du Forum de la Rénovation : « …les socialistes ont toujours agi en économie de marché, a-t-il déclaré, et ils l’ont plutôt bien gérée chaque fois qu’ils ont eu la responsabilité du pouvoir. Ils ont même fait en sorte d’élargir le champ du marché ; et ce fut le cas sous le premier septennat de François Mitterrand. » (…) L’économie de marché est là, nous la reconnaissons et nous savons qu’elle est la plus efficace pour produire de la richesse. » Sans préciser cependant à qui vers qui va cette richesse et comment elle est distribuée.elle est la question à laquelle que tous les gouvernants n’ont pas su répondre tant ils sont prisonniers des « puissances de l’argent ». Car si l’économie de marché n’est pas contrôlée, si elle n’est pas « régulée » , comme l’annoncent certains, si on laisse faire les capitalistes, alors c’est la porte ouverte à toutes les exploitations et à tous les abus. Dans l’exercice de sa fonction présidentielle, François Hollande n’a cessé de balancer entre son intention mille fois proclamée d’« inverser la courbe du chômage » et celle de ménager les intérêts des grosses entreprises et des banques. D’où sa perpétuelle hésitation exprimée par la réponse qu’il a faite à la question d’un journaliste lors d’une conférence de presse : « Je suis socialiste. Ai-je besoin de dire social-démocrate ? Est-ce que ce serait mieux d’être social-démocrate ? »

Or le socialisme ou la social-démocratie, tels qu’ils sont appliqués, ne répondent pas aux attentes des tous ceux qu’ils prétendent défendre, accentuant même le déséquilibre existant et augmentant les inégalités et le chômage. Tant que le système baptisé mondialisation, mais qui n’est que la mondialisation financière et commerciale, progresse, la situation risque encore de s’aggraver. François Mitterrand visait juste quand il proclamait il y a près d’un demi-siècle : « Le véritable ennemi, j’allai dire le seul, parce que tout passe par chez lui, le véritable ennemi si l’on est bien sur le terrain de la rupture initiale des structures économiques, c’est celui qui tient les clés, c’est celui qui est installé sur ce terrain-là, c’est celui qu’il faut déloger… c’est le Monopole ! terme excessif pour signifier toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! » « Il faut désarmer les marchés ! réclamait avec force Ignacio Ramonet, l’ancien directeur du « Monde diplomatique, « si l’on veut éviter que le monde du siècle à venir » (son éditorial daté de décembre 1997 est singulièrement prémonitoire).

Georges Benne


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