Di sak na pou di

Le prix de nos achats

Témoignages.re / 16 novembre 2009

Quel est le vrai prix de ce que nous achetons ? Sommes-nous obsédés par le moins cher ? Créoles i dit : « bon marché i coûte cher ». Or, nous sommes bombardés par les “low cost” et les “low price”. Faible coût, faible prix. Quand on paie moins cher, ce serait parce que les coûts de production sont moins chers. Et les modèles “low cost” d’être détournés pour être “low price”. Or, les entreprises qui se disent “low cost” ne font pas du “low cost”, mais du “low price”.
Pour ma part, j’ai acheté une Logan. J’ai eu le sentiment que, pendant (trop) longtemps, les marques automobiles (et autres aussi) se sont f… de nous, cochons de consommateurs et cochons de payeurs : si l’une d’elles est capable de vendre une Logan au prix où celle-ci est proposée, c’est que des marges énormes tombaient dans quelque escarcelle.
Je paie mes achats avec ma carte bancaire. J’ai constaté que cette carte (tout comme mon téléphone portable) m’offre un tas de possibilités. Mais je n’ai pas demandé autant, ma banque m’a vendu tout un “package”, avec plein de choses inutiles pour moi. Mais j’ai tout payé. Je n’ai pas eu la possibilité d’exprimer mon choix, elle me l’a imposé (sans même m’en informer).
J’ai voulu voyager. Là, par contre, pour la même destination, la même agence de voyages me propose plusieurs choix. Pourtant, le trajet est le même, le résultat est le même, la prestation est la même. Que ce soit en avion de la compagnie nationale ou en avion d’une compagnie “low cost”, j’y arriverais de la même façon et… prendrais les mêmes risques de ne pas arriver à destination sain et sauf. L’agent m’a expliqué qu’aujourd’hui, les compagnies aériennes doivent être “low cost” si elles veulent être compétitives et que même la compagnie nationale possède des compagnies qui ressemblent à des “low cost”. J’y perds mon latin.
Et je pense aux innombrables médicaments que je dois prendre chaque jour pour continuer à être vivant. Mon pharmacien me propose des « génériques », c’est-à-dire des médicaments “low cost” (ou “low price”), en m’assurant que « l’effet » est le même. Je me demande alors si, en acceptant ses « génériques », je n’agis pas comme cette nouvelle génération qui recherche « l’effet » en consommant certains médicaments. Et je me demande aussi si leurs médicaments sont également des « génériques » à « l’effet » garanti.
Avec la crise (la bonne excuse !), nous serions devenus obsédés par le “low cost”. Non, pas vraiment ! Il faut avoir le temps de comparer pour acheter ce dont nous avons réellement besoin. Et quand le service public fait défaut ?, me direz-vous. Eh bien, je ferai appel au… “low cost”, aux « génériques ». C’est ce qui s’appelle… la substitution.
La substitution a pour conséquence une sorte de partage des richesses, avec une réappropriation des richesses par ceux à qui elles étaient exclues, une régula(risa)tion du pouvoir d’achat. Mais, me diriez-vous encore, quand des producteurs de ce dont nous avons besoin se sont acoquinés avec nos dirigeants pour bénéficier de monopoles ? Les bras m’en tombent, car ces coquins-là nous appliqueront toujours leurs marges énormes, à nous autres, pauvres consommateurs…

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com