Di sak na pou di

Le rêve et ses secrets enfin divulgués ?

Frédéric Paulus / 2 août 2017

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Les rêves, après avoir été objets d’interprétations et d’exploitations des devineurs, des oracles, jusqu’aux théoriciens littéraires encore influents de nos jours ; bon nombre de chercheurs en neurosciences, encore minoritaires à envisager ce que l’on qualifie de « rêves » faute d’autres termes, sont sur le point de mettre à jour une nouvelle approche conférant à ce langage d’images des fondements naturalistes évolutionnistes. Les oiseaux et ensuite les mammifères et donc l’homme ne présentent-ils pas des tracés encéphalographiques semblables ? Pour les primates et l’homme les rêves ne se manifestent-ils pas au même stade du sommeil ? Stade qualifié curieusement de « paradoxal ». Il est sans doute temps de questionner ce « paradoxe ».

Il serait peut-être plus juste selon une vision darwinienne, évolutionniste donc, d’envisager ce langage d’images génétiquement et structurellement antérieur dans son émergence à l’apparition du langage parlé et articulé qui par concurrence fonctionnelle et sélective, (ce dernier) aura supplanté organiquement et culturellement (socialement) ce premier langage imagé, sans toutefois le faire disparaître.

Le langage d’images « stéréoscopique » pourrait-on dire, pourrait être considéré comme une intelligence télévisuelle autoproduite par le cerveau, mieux une intelligence téléosémantique exprimant des dispositions structurelles cérébrales et motrices pour anticiper une décision ou encore compenser des habitudes acquises affaiblissant l’organisme, celui-ci étant structurellement déterminé à la fois génétiquement et culturellement épigénétiquement. L’organisme étant sous cette double influence mais aussi guidé par un cerveau incarné dans une histoire et un environnement, le chercheur qui essaiera d’explorer ce cerveau pour en comprendre sa logique « imageante » devra, dans cette exploration particulière, tenir compte du fait que chaque cerveau est unique et donc que chaque protocole ambitionnant de l’étudier aux travers de toutes ses fonctions devra nécessairement avoir présent à l’esprit sa singularité et son histoire.

Par exemple la fonction d’anticipation évoquée plus haut dans la prise de décision lors de l’étude des rêves que les scientifiques en neurosciences semblent déceler, ou encore celle de compensation visant à corriger des habitudes (ou complexes comportementaux), nous renseigneraient sur l’intelligence organique (cérébrale) de ce langage par le vecteur d’images qui font penser que le cerveau se « parle » à lui-même.

Pour l’instant notre esprit cartésien ne peut explorer et étudier ce langage métaphorique par l’image (et sa singularité) même si l’on retrouve des constantes dans les images motrices que le cerveau autoproduit spontanément lors de ces moments de sommeil ou de rêves éveillés où l’attention vigilante se relâche. Sans nul doute certains scientifiques relèveront tôt ou tard ce défi.

Frédéric Paulus
CEVOI


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