Di sak na pou di

Le tourisme en baisse ? C’est la faute à la continuité territoriale !

Témoignages.re / 13 mai 2011

Enfin des chiffres sur le tourisme ; des vrais, fournis par l’INSEE qui s’est penché sur les flux touristiques pour l’année 2010. Et ce n’est pas très bon. Même un site dit d’informations et que l’on sait proche de l’actuelle majorité régionale a titré : “Une saison touristique 2010 contrastée”.

La mamie de l’IRT, elle, est toute contente puisque l’objectif qu’elle avait fixé était de « valoriser la destination Réunion » objectif qu’elle affirme avoir atteint. Un but qui semble tout à fait normal, au vu du poste occupé !
Car pour l’IRT, si le nombre de touristes a baissé, ce n’est pas sa faute, puisqu’il a bien fait son travail de promotion, mais c’est la faute aux « touristes affinitaires », autrement dit notre famille et nos amis qui reviennent de temps en temps nous voir.

L’explication du directeur de l’IRT, Pascal Viroleau, est étrange : « il existe peut-être une corrélation avec le fait que les Réunionnais eux-mêmes se sont beaucoup plus déplacés en métropole pour voir leurs proches ». En poussant le raisonnement jusqu’au bout, on peut dire que plus le dispositif de continuité territoriale fonctionnera, plus il y aura de Réunionnais en partance pour la France, donc moins de Réunionnais installés en France qui viendront à La Réunion. La continuité territoriale aura-t-elle raison du tourisme affinitaire ?

Plus sérieusement, le tourisme est victime de la crise économique. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute : les billets d’avion sont chers, et les touristes qui viennent réduisent la durée du séjour et limitent les dépenses de loisirs. C’est donc une réelle perte sèche pour le secteur réunionnais. Et ce n’est pas fini, la destination Réunion ne fait guère recette entre avril et septembre. Raison : l’essentiel des touristes viennent de France, et qu’à cette époque, il fait plus chaud dans l’hémisphère Nord et que l’hiver réunionnais n’offre pas de neige.

Si l’IRT veut « capter un plus grand nombre de visiteurs sur cette période », est-il dès lors judicieux de vouloir continuer à cibler la clientèle européenne ? Et de vouloir « attirer les francophones sur le département en période creuse » en avançant les campagnes de communication en métropole, en Belgique et en Suisse ou en Allemagne ? En quoi le fait de changer une date pour une campagne promotionnelle va-t-elle provoquer un nouvel engouement pour la destination Réunion ?

Il y a des idées toutes faites dont il est difficile de se débarrasser. Tout comme il est difficile pour ces mêmes personnes, de comprendre que les échanges avec Adélaïde, en Australie, seront problématiques, pour des raisons de coût du billet et de durée du trajet. Certes, l’IRT évoque bien une possibilité avec l’Inde ou la Chine. Mais comme à regret.
À propos, pourquoi n’a-t-il pas été question des "îles Vanille" dans la conférence de presse de l’IRT ?

Et pour l’anecdote, 147 touristes vont se retrouver ce week-end à La Réunion, pour la 13e convention du SNAV Ile de France. Selon la presse professionnelle, le thème de cette année est : “Vous avez la parole !”. Et qui causera en premier ? Jacqueline Farreyrol, puis Didier Robert. Après le séminaire de travail, l’IRT a proposé « un rallye touristique » destiné à « permettre aux participants de découvrir l’île ».

Sandrine Manon


Kanalreunion.com