Di sak na pou di

Les Chaînes de l’esclavage (suite)

Témoignages.re / 6 septembre 2010

Suite ? Mais bien évidemment ! Cheminons ensemble, voulez-vous ? Elles sont là, ces chaînes !
Pour nous en convaincre, il suffit d’être un peu attentif aux autres !
En effet, en observant autour de soi, il est possible à chacun de choisir…
Hélas ! Et de déduire, sans désespérer… que l’espérance est en train de disparaître progressivement dans « le cloaque de l’irresponsabilité collective » : la faute aux humains, dans l’utilisation perverse ou non qu’ils font du “progrès”, ce fruit de leur intelligence “créatrice” !
Où est la responsabilité, cette vertu française par excellence ? En haut ? En bas ? Partout ? Où sont les forces vivantes de notre République humaniste pourtant proclamée depuis le 4 septembre 1871 ? Celle qui, constamment « améliorée », nous donne une âme insécable. Celle qui fait de nous une nation dans laquelle la Liberté évite de nous mener vers une sorte d’oligarchie monétaire subtile, rampante et vipérine, encore bien éloignée du partage équitable des acquis provenant du travail de tous nos ancêtres, héritage commun de leurs luttes communes, de leurs sacrifices suprêmes, d’où qu’ils viennent. Les uns et les autres au “devoir” et à leur place ! Pour qui ? Au profit de qui ?
Cela étant, quel est notre bilan à nous, à l’étape préparant la plénitude de ce siècle ? Malheurs ? Bonheurs ?...
En définitive, Rousseau (1712-1778) serait-il encore d’actualité ? - Oui ! Eh bien, par conséquent, soupirons en chœur :
« L’homme est né libre et partout il est dans les fers ».*(P.13).
Puisque les luttes d’en bas sont souvent lentes ou infructueuses, il n’est pas interdit de faire preuve de donquichottisme, voire de sotte présomption en citant au passage Jean-Paul Marat (1743-1793) sur la “Modération inconsidérée du peuple”.
(Piquant de nos jours…en écoutant Georges Brassens :
« Le jour du quatorze juillet
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas »...)

Néanmoins, méditons plutôt : P.134* « Ce n’est point par des secousses violentes, ai-je dit quelque part, que les princes commencent à renverser l’édifice de la liberté ; ils en minent à la sourdine les fondements, ils innovent peu à peu, & jamais d’une manière à faire une trop forte sensation.
« Mais le peuple n’a ni l’œil assez exercé, ni l’esprit assez pénétrant pour remarquer ces progrès, et en prévoir les suites. Les remarque-t-il enfin ? Il n’a pas non plus toujours assez de résolution pour les arrêter. C’est contre les premières innovations toutefois qu’il faut s’élever avec force, si l’on veut prévenir la servitude. Quand on a laissé vieillir les abus, il est très-difficile de les réformer, souvent même il n’est plus temps.
Pour se conserver libre, il faut que le peuple soit toujours prêt à épouser contre le prince la cause des opprimés. Quand les citoyens séparent leurs intérêts et s’isolent, on les subjugue en détail, et c’en est fait de la liberté. […]. Quand on parcourt avec attention les annales du despotisme, quelquefois on voit avec étonnement une poignée d’hommes faire trembler une nation entière. Cette modération déplacée des peuples, ce fatal penchant à s’isoler : voilà la raison de cet étrange phénomène ; car où est l’organe du public, lorsque chacun garde le silence ?... »

N’ayant pas qualité pour en parler savamment et surtout avec pertinence, je souligne, si nécessaire, qu’il n’y a pas ici lieu de prôner des positions révolutionnaires, loin de là, mais au contraire de souligner que les actions citoyennes non détournées de leur fin passent par le dialogue social et sous le contrôle de qui de droit. C’est plus juste que la violence d’où qu’elle vienne !
Ainsi, me semble- t- il, entre autres, de l’injustice pratiquée par divers tyrans à travers toutes les formes de pressions, de violences… Que sais-je encore ?
Pour illustrer ce qui précède, si vous le voulez bien, cherchons à lire et à comprendre l’ARRÊTÉ du 23 juillet 2010 portant extension d’un accord national interprofessionnel sur le harcèlement et la violence au travail. JORF n° 0175 du 31 juillet 2010 ; texte n°82.
Et dire que nous sommes au XXIe siècle ! Quel progrès pour l’humain ? Où est l’humain dans la poursuite de la création ?

Joseph Mondon
(Les Avirons)

* MARAT – Les Chaînes de l’esclavage - Union générale d’éditions -
8, rue Garancière - PARIS – 1972. (Orthographe originale)


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