Di sak na pou di

Les dessous du burkini

Marylène Berne / 1er septembre 2016

Du burkini au sein dénudé de Marianne, on aura tout vu, tout entendu, tout lu, depuis la bagarre du 13 août sur une plage de Corse à Sisco. Si on est contre le burkini, on est islamophobe, si on est pour, on est contre la libération de la femme. C’est ce que j’ai cru comprendre et ces deux conclusions tranchées me semblent prises hâtivement.

S’habiller comme l’on veut me parait être une liberté fondamentale et je n’apprécierais pas qu’on m’oblige à me baigner en burkini ou en bikini, un maillot une pièce me convient. Les personnes allergiques au soleil mettent des lycras et les plongeurs des combinaisons pour se protéger du froid. Si la tenue est choisie en toute liberté, sans contrainte politique ou religieuse, il n’y a rien à redire. Mais est-ce toujours le cas pour celles qui portent des tenues couvrantes même en pleine chaleur ?

Pourquoi le corps de la femme est-il le symbole du péché, de la tentation alors que l’homme peut montrer le sien sans déchainer les passions ? Je pense que c’est une question à se poser. Il y a des années, les jeunes filles en pensionnat religieux ne devaient pas se laver nues et se regarder. Beaucoup d’hommes politiques se sont exprimés sur ce fameux burkini venu d’Australie, ils ont proclamé haut et fort leur attachement à défendre la liberté des femmes et leur épanouissement.

J’aimerais bien les entendre plus souvent pour dénoncer l’inégalité flagrante qui subsiste en France car le slogan « à travail égal, salaire égal » est loin d’être appliqué et il existe toujours un différentiel entre les salaires masculins et féminins pour le même boulot.

J’apprécierais aussi que ces grands défenseurs des droits féminins se manifestent pour dénoncer toutes les violences de notre société vis-à-vis des femmes et faire voter des lois qui les protègent mieux. Hélas, il faut reconnaitre que les femmes politiques ne font pas grand-chose non plus pour que la société se mobilise enfin contre ce fléau. C’est plus facile de disserter sur des tenues de bain que sur les vrais problèmes.

Je me souviens qu’en juillet 2015, la plage publique de la Mirandole à Vallauris était privatisée pour la baignade du roi d’Arabie Saoudite et de sa suite. Si les citoyens avaient protesté, les politiques s’étaient bien gardés d’intervenir… les rois ont droit à certains égards dans notre république et François Hollande a donné en catimini la légion d’honneur à un prince saoudien sans s’inquiéter du traitement fait aux citoyennes de ce royaume…

Les débats de ces derniers jours sont pollués par des arrières pensées politiciennes car nos responsables candidats ou pas sont obnubilés par les élections présidentielles et par démagogie occultent les préoccupations quotidiennes des Français, chômage, logement, loi travail, environnement, accueil des émigrés, terrorisme… on palabre sur les dimensions d’un vêtement.

Marylène Berne


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