Di sak na pou di

Les incohérences du maire du Port

Courrier des lecteurs de Témoignages / 8 octobre 2015

Le maire du Port Olivier Hoarau a eu à maintes reprises l’occasion d’expliciter sa position à propos de la Nouvelle route en mer : d’une part il n’est pas contre, d’autre part il défend de façon intransigeante les intérêts des Portois en campant sur le respect absolu de la légalité. « Au Port ça ne se passe pas comme ça !".

Or, pour que ses déclarations soient suivies d’effets, il aurait pu trouver une meilleure façon de défendre et l’emploi et la ressource en eau des habitants du Port. Pour le premier point, celui de l’emploi, il avait les moyens d’imposer à la société chargée des travaux un recrutement équilibré qui ne serait pas fait au détriment des Portois, ce qui ne semble pas malheureusement avoir été le cas, comme il le reconnaît : « Combien de Portois sont concernés par ce chantier à 1,6 milliard d’euros ?".

Pour le second point, celui de l’eau, il avait les moyens, en tant que responsable de la fourniture de l’eau sur sa commune, à la fois pour les ménages et pour les industriels, d’obtenir de la Région qu’elle réalise une première tranche du réseau de redistribution de l’eau recyclée à partir de la station d’épuration. Une station aujourd’hui achevée et apte désormais à fournir, rappelons-le, une eau tout à fait compatible avec les besoins d’une unité de préfabrication. Ces travaux de préservation de la nappe phréatique n’auraient représenté qu’un investissement somme toute bien mince en regard de la masse énorme du coût global de la NRL. Le maire du Port ne l’a pas fait. C’est un constat.

En ce qui concerne à présent la décision prise le mardi 6 octobre par le préfet d’abroger l’arrêté interruptif de travaux pris par le maire du Port la semaine dernière, il convient de rappeler une réalité qui n’échappera à personne. Le préfet n’édicte pas la loi, il ne fait que l’appliquer. Et sa façon de l’appliquer peut tout à fait être remise en cause par un recours devant le tribunal administratif. Un des exemples qu’on peut citer concerne le TCO, dans le bras de fer ayant opposé sa majorité à la maire de Saint-Paul, à propos de la répartition entre les communes des sièges de son conseil communautaire. Dans un premier temps le préfet avait entériné une délibération du TCO. Suite au recours déposé par Mme Bello, le Tribunal administratif a donné tort au préfet, qui a dû prendre un nouvel arrêté.

Le préfet ne faisant pas la loi, et Olivier Hoarau affirmant qu’il est dans la plus parfaite légalité, qu’est-ce qui l’empêche aujourd’hui de contester l’abrogation préfectorale, qui entérinerait une illégalité de fait de la part des entreprises ?

Il n’a rien annoncé en ce sens lors du conseil municipal de ce mardi. Et il ne le fera pas. Entre les paroles et les actes du maire du Port, il existe un assez grand écart ! Les incohérences de son positionnement vont malheureusement de pair avec des tractations d’où la transparence est totalement absente.

Firose Gador


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