Di sak na pou di

Les Outre-mers au Panthéon

Témoignages.re / 9 avril 2011

Mercredi soir, Aimé Césaire est entré au Panthéon, là où reposent les « grands hommes » de la Patrie reconnaissante, de l’écrivain Voltaire à l’anti-esclavagiste Victor Schœlcher ou au résistant Jean Moulin. Avec le poète de la négritude, le dramaturge qui s’interrogeait sur la rencontre des civilisations, l’écrivain de la modernité et l’homme politique actif autour de la décolonisation, né dans la colonie française de la Martinique, ce sont à la fois l’homme noir, le monde antillais (« monde de l’insaveur et de l’inauthentique », comme il l’écrivait) et la République et plus encore qui ont été honorés. Ainsi, comme disait Malraux, « la France est toujours plus grande lorsqu’elle est pour les autres plus qu’elle est pour elle-même ».
Certes, ses cendres resteront — conformément à la volonté de sa famille — en sa terre natale, « lieu géométrique de l’amour et de la morale », où, comme ont coutume de dire ses compatriotes, « après Dieu, c’était lui le père », puisque ce n’est qu’une fresque évoquant les grandes périodes de sa vie qui a été installée sous la coupole. Mais cet hommage de la Nation, qui participe à rendre encore plus vivante la parole de l’insatiable rebelle qui a laissé une empreinte toujours vivante, constitue aussi un des temps forts de “l’Année des Outre-mers”, qui se propose de « mieux faire connaître leur richesse culturelle » passablement encore mal connue, pour ne pas dire souvent délaissée, voire dénigrée, alors que parties prenantes dans l’avènement de la citoyenneté et de la démocratie et ayant pris part à l’universalité des droits de l’Homme et du citoyen aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. D’ailleurs, Césaire ne clamait-il pas : « Ma religion, c’est la fraternité » ? C’est pour cela qu’il inspire le respect et l’admiration à l’unanimité.
Et, pour le paraphraser, posons-nous la question : si nous ne savons pas d’où nous venons, saurons-nous où nous voulons aller ?

Marc Kichenapanaïdou


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