Di sak na pou di

Les rêves expression de notre seconde nature ?

Frédéric Paulus / 4 août 2017

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En travaillant la spécificité de l’image métaphorique onirique, son origine analogique possible, sa syntaxe, sa polysémie symbolique, sa place dans un lexique d’images, etc. nous semblons rejoindre l’anthropologue Marcel Jousse qui disait que « lorsqu’on parle on ne sait pas ce que l’on va dire ». Quant à ce courrier avant qu’il parte à la rédaction de votre quotidien, j’ai le temps de le relire ! Il n’en est pas de même avec les rêves.

Quand mon cerveau rêve il goûte aux joies de la liberté, il crée des images sollicitant une multitude d’aires cérébrales (au moins trente aires à l’origine d’une image sont actuellement recensées !! avec un nombre très important de neurones impliqués), en toute inconscience.

La conscience n’interviendrait qu’a postériori du rêve pour en extraire le sens à condition qu’elle ne se prenne pas les pieds dans le tapis des habitudes de pensées ou influencée par des complexes qui traînent encore comme des fantômes qu’on aurait du mal à chasser. Ou encore en se laissant influencer par des théories langagières non prouvées qui encombrent l’élucidation de l’intelligence de notre seconde nature (organique). On plaide pour rencontrer la sensation qui sous-tendrait l’image afin d’en dégager un sens compte-tenu des états mentaux du rêveur. Le fait de monter un escalier nous procure la sensation de le monter ; quand on le descend, une autre sensation, mais quand on monte les marches quatre à quatre, une tout autre sensation et un dynamisme s’en dégagent ! Et cette sensation devait semble-t-il animer nos ancêtres avant sapiens-loquens, ils devaient tenter de mimer (oui Marcel Jousse) le sens dont ils étaient dépositaires intuitivement pour le traduire en gestes et en mimiques. On comprendrait mieux pourquoi les scientifiques ont des difficultés à dire des choses sensées à propos de l’intuition, expression intelligente de notre seconde nature qui s’exprime à notre insu selon notre hypothèse, et d’en faire, pour certains, une affaire de femmes.

On pourrait suivre avantageusement les émissions « Au cœur du cerveau » que diffuse actuellement l’A 5 produites par un jeune chercheur : David Eagleman pour trouver des concordances avec nos déductions.

Frédéric Paulus
CEVOI Saint-Denis La Bretagne