Di sak na pou di

Les rêves révélateurs des potentialités de l’organisme

Frédéric Paulus / 21 août 2017

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Le psychanalyste Carl. G. Jung a relevé dans la production des rêves plusieurs fonctions. Celle « d’anticipation » déjà abordée dans un précédant courrier. Le cerveau aurait la capacité d’anticiper des évènements en les présentant par le rêve avant qu’ils ne se produisent dans la réalité. Une autre fonction est ici soulevée, celle « de compensation ». Pour la comprendre, il est nécessaire d’avoir présent à l’esprit que les compétences et potentialités innées du cerveau seraient grandement inhibées épigénétiquement par le processus de civilisation et le mode de vie. Ce mode influence grandement l’éducation et la socialisation que reçoivent les enfants. Pour accepter la validité de cette hypothèse, il n’y aurait qu’à recenser les découvertes étayées scientifiquement en laboratoires dans le domaine de l’étude des discriminations sensorielles qui touchent les cinq sens. Ce fut en France la publication du livre de Jacques Mehler et Emmanuel Dupoux, « Naître humain » qui ouvrit la voie à de nouvelles perceptions qualifiées de « nativistes » selon lesquelles le bébé, dès la naissance, serait équipé d’un ensemble de structures sensorielles et nerveuses le renseignant qualitativement sur ses conditions de vie. Depuis 1990, date de parution de ce premier ouvrage, auquel je rajouterai volontiers celui de Roger Lécuyer, « Bébé astronome Bébé psychologue » en 1989, les chercheurs en ces domaines n’auront fait qu’accentuer cette vision d’une hypersensibilité sensorielle innée et ensuite cognitive, (voir Téodora Gliga. 2003).

Pour illustrer les potentialités qui pouvaient se déduire de certains mes rêves de compensation, j’évoquerai un animal « totem » qui revenait régulièrement. Plus que le bison, ce fut le lièvre. En le voyant gambader dans les champs et en m’identifiant à lui alors qu’il activait mes neurones miroirs, m’est venu, immédiatement, l’idée d’associer par analogie cette image avec mes capacités cognitives qui progressivement se voyaient désinhibées grâce à mes soins psychanalytiques. Je passerai sous silence ces nombreux rêves. Ils signifiaient que ma sensibilité se restaurait progressivement par compensation. Dans mon expérience, les rêves par les soins d’une psychanalyse bien menée libèreraient l’organisme d’une gangue d’inhibitions. La compensation viserait à corriger des engrammes neurophysiologiques trop éloignés de la codification contenue potentiellement dans le génome.

Soulever cliniquement cette question de l’inhibition des potentialités discriminantes du cerveau est un premier pas dans la recherche scientifique. Il appartiendra aux chercheurs de valider ou non cette hypothèse. Je fonde quelques espoirs en suivant les travaux de Roger Lécuyer avec qui je suis en contact. Voir son dernier ouvrage : « La construction des premières connaissances », Dunod, 2014 où l’auteur aborde la question : « A partir de quand peut-on parler de catégorisation chez le bébé ? », (p. 198). Notre réponse : Dès la vie fœtale !

Frédéric Paulus, CEVOI


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