Di sak na pou di

Lettre à une courtisane de Saint-André

Témoignages.re / 6 juillet 2013

Ce sera ma seule et unique réponse, la sagesse me dictant de ne pas prolonger des échanges dont on devine aisément ce qu’ils deviendraient, du fait de la posture et de la démarche intellectuelle peu rigoureuse que vous avez choisi d’adopter. Cette posture, c’est celle d’une courtisane qui n’a que la flatterie à l’égard du Prince, comme moyen pour atteindre ses objectifs.

À vous lire, Éric Fruteau serait au centre de tout, quasiment l’unique opposant à Jean-Paul Virapoullé en conseil municipal jusqu’en 2008. Les autres où sont-ils passés ? Que faites-vous de Laurent Vergès, ou encore de tous ses camarades comme Yvon Virapin qui a siégé jusqu’en 2005 ? Le Prince aurait à lui seul « libéré Saint-André ». Il serait « le créateur, le novateur se projetant pour Saint-André », etc. Et son équipe municipale ? Ne serait-elle donc vouée qu’à contempler, à admirer, à applaudir ? Faudrait-il, comme me l’a suggéré très récemment un modeste travailleur rebaptiser Saint-André « Saint-Fruteau » ? Hélas, pour tenir cette ligne, la flatterie doit utiliser des ressources déloyales, voire indignes.

- La déformation de la réalité, pour ne pas dire le mensonge. Des exemples : Paul n’a jamais écrit qu’Éric Fruteau avait fait plus de mal que Jean-Paul Virapoullé à Saint-André, il a écrit « au PCR ». Jacky The Seng n’a pas voté contre le projet de TCSP : il s’est abstenu. Mon courrier aux journaux était signé de mon nom, en clair, pas de mes simples initiales. Je suis assez courageux pour ne pas me réfugier, comme vous, dans un anonymat, bien que finalement assez transparent.

- Le mensonge conduit à l’imposture, par un singulier retournement des rôles. Vous m’accusez d’avoir tourné le dos à Éric Fruteau et quitté sa table. Qui a tourné le dos au PCR et à ses combats ? Moi j’y suis toujours, et c’est moi qui marcherais sur la tête ? Vous osez pour cela, une lamentable tentative captation d’héritage. L’héritage des luttes du PCR et de ses militants-il y avait aussi Laurent Vergès-vous le revendiquez au profit d’Éric Fruteau ; pourquoi, alors s’est-il opposé, par serviteurs interposés, à ce que soit brandie la photo de notre camarade Laurent, au soir de son élection en 2008 ? Pourquoi cette revendication aujourd’hui, alors que toute la campagne d’Éric Fruteau pour les municipales de 2008 a été conduite sans absolument aucune référence au PCR dont il avait visiblement honte. Il suffit pour cela, de relire toute sa littérature de l’époque.

- L’imposture mène droit au mépris, même si, en crachant votre mépris, vous vous mélangez quelque peu les pédales ! Je serais dites-vous « le dernier des Mohicans », dans « ce qui reste du PCR ». À tout prendre, je préférerais être dans le camp des arrivants de ceux qui ont été massacrés comme le furent les populations indiennes d’Amérique, que dans celui des massacreurs. Il est vrai, on a le sens de l’honneur que l’on peut …

Derrière vos mots « vous avez oublié d’avancer, vous avez raté quelques étapes de l’évolution de la société », etc. vous me considérez ouvertement comme un pauvre demeuré, autrement dit un imbécile. Relisez-vous ! C’est souvent très utile… Eh bien croyez-moi, je préfère appartenir à cette génération pour qui la sincérité, la loyauté le désintéressement, le respect de la parole donnée, fondaient le sens de l’honneur, plutôt qu’à cette foule montante d’opportunistes qui préfèrent troquer leur honneur, ou ce qu’il en reste, contre le plat de lentilles de l’arrivisme.

- Enfin, le mépris aboutit invariablement à l’indignité : c’est dans cette boue que vous vous étalez finalement en me présentant, j’exagère à peine, comme un hôte mal élevé et en me reprochant mon absence de la vie politique, pendant de longues années. Pas de présence dans le public au conseil municipal, pas de participation (par refus prétendez-vous) au changement de 2008, entre autres. C’est vrai que j’aurais pu avoir de bonnes raisons politiques pour cela (rappelez-vous l’épisode honteux, pour Éric Fruteau, de son attitude — je suis plutôt très gentil — aux législatives de 2007), mais il y avait hélas, des motifs beaucoup plus simples et humains, que je n’ai pas à évoquer ici, mais que vous feignez d’ignorer. Alors, de grâce, cessez, par simple décence, de vous présenter en donneuse de leçons, « parée de lin virginal » comme l’écrivait un célèbre poète.

C’est de tout cela que j’aurais aimé parler avec vous, face à face, avec Éric Fruteau également, bien sûr. Mais pour cela, il faudrait avoir plus de courage : celui de ne pas se dissimuler derrière l’anonymat, ou celui de répondre, lorsque vous êtes personnellement interpellé par courrier. Mais comme me l’ont appris tous mes maitres, de l’école primaire à l’université « à l’impossible nul n’est tenu » surtout lorsque l’on a perdu l’honneur.

J ean-Paul Ciret


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