Di sak na pou di

Lettre ouverte à M. le maire du Port

Témoignages.re / 10 juin 2014

Lors de votre dernière conférence de presse, vous avez déclaré, à propos de l’organisation des temps scolaires, que l’ancienne municipalité aurait arrêté une proposition "catastrophique", avancée "sans concertation" (le Quotidien du 5 juin) et "unanimement rejetée par les enseignants et les parents" (Jir du 5 juin).

Je m’inscris en faux contre ces propos, qui ne respectent pas la vérité sur ce sujet complexe. Voici, sans esprit de polémique, la réalité du dossier comme je l’ai vécue en tant qu’adjointe au maire Jean-Yves Langenier, chargée des affaires éducatives.

Il a fallu d’abord travailler avec nos partenaires de la Ville (OMS, Village Titan, Kabardock, Théâtre sous les Arbres…). Une fois réunis tous ces éléments, un travail a été organisé avec les deux inspecteurs, d’où s’est dégagée une proposition qui a été présentée par eux à toutes les écoles.

Des séances de concertation avec les parents ont alors eu lieu dans les trois Centres socio-culturels (Rivière des Galets, Cœur Saignant et Say-Piscine), avec la collaboration de la Ligue de l’Enseignement pour éclairer les parents sur les rythmes bio-chronologiques de l’enfant. Mais compte tenu de la complexité de la réforme à mettre en œuvre, et compte tenu de notre ambition toujours tournée vers l’épanouissement de l’enfant, la concertation était encore en cours quand les résultats électoraux ont changé la donne.

Le choix entre le samedi ou le mercredi est donc resté en suspens, la municipalité souhaitant ne pas anticiper sur l’avis des Conseils d’école.

Je voulais donc apporter ces deux rectifications : d’une part le processus de concertation avait bien été mis en place, et d’autre part le choix entre le mercredi ou le samedi matin n’avait pas encore été arrêté. On ne peut donc parler ni de proposition "catastrophique", ni de choix "unanimement rejeté".

Par ailleurs, lors de la même conférence de presse, vous avez mis en cause l’état de notre bâti scolaire, en parlant d’un état particulièrement vétuste. Je pense que cette appréciation n’est pas conforme à la réalité. Nous n’avons pas à rougir de nos écoles au Port, dont les bonnes conditions d’accueil et de travail sont reconnues par l’ensemble des partenaires, de la CAF au Conseil Général, en passant par l’Académie et le corps enseignant lui-même, à la stabilité remarquable.

Des efforts importants d’investissement ont été continuellement entrepris afin de maintenir le bon niveau du patrimoine bâti des écoles : travaux de mise aux normes d’hygiène et de sécurité, réfection de sanitaires, ravalements de façades, réfection de revêtements des sols…

Oui, il y a encore à faire - il y aura toujours à faire, sur un ensemble de 29 écoles élémentaires et maternelles -, mais il faut savoir que la rénovation du bâti scolaire a été engagée dans une programmation depuis 1999 (diagnostic CAUE), qu’elle est toujours en cours, et que les travaux à venir seront en fait la suite de ce programme.

Je comprends que vous ayez envie de prendre vos marques, mais très modestement reconnaissez le travail accompli, qui a toujours visé la réussite de nos enfants et le bien-être de l’ensemble de la communauté co-éducative.

Entre dire et faire il y a un monde… Bon courage, M. le maire.

Mme Memouna Patel, ancienne adjointe aux affaires éducatives de la Ville du Port


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