Di sak na pou di

Lettre ouverte à Mme Monique Orphé, députée de la VIe Circonscription de La Réunion

Témoignages.re / 22 septembre 2012

Sollicité par le Parti Communiste Réunionnais, j’avais, dès le 4 janvier de cette année, appelé à élire Maurice Gironcel au poste de député, au nom de la section communiste de Sainte-Marie*.
Lors du second tour, interrogé par mes proches, mon entourage, ainsi que plusieurs militants progressistes de Sainte-Marie, je m’étais évidemment prononcé en faveur de votre candidature, épaulée par celle de M. Annette, conseiller municipal d’opposition à Sainte-Marie. Je vous en avais d’ailleurs avisée au cours d’un échange franc et public entre nous, sur un réseau social bien connu.
Ce positionnement était clair parce qu’évident sur le plan politique, après des élections primaires, une campagne présidentielle et un scrutin législatif destinés à conquérir l’alternance, et à conforter une majorité présidentielle.
Voici déjà près de quatre mois que vous avez été portée par le vote de la population. Quatre mois au cours desquels vous avez pris position sur plusieurs sujets, et notamment, au sujet des contrats aidés.
Vous n’ignorez pas, non plus, madame la députée, l’immensité des problèmes affrontés par la population de votre circonscription et notamment par celle de Sainte-Marie, qui subit de plein de fouet les conséquences de la crise réunionnaise — désindustrialisation et crise de l’agriculture — et celle de la crise économique que connaissent toutes les économies liées au marché européen et à la finance occidentale.
Nul ne saurait affirmer que les contrats puissent constituer une réponse durable à ces défis, qui ne font que souligner encore plus le déficit de solutions structurelles. Or, La Réunion était jusqu’en 2010 — date du basculement à droite de l’institution régionale — dotée d’un plan de grands travaux.
Parmi ces derniers, le Tram-train offrait une opportunité immédiate de créer des emplois et des infrastructures. Les habitants de Sainte-Marie, ville choisie comme point de départ des travaux, en auraient profité les premiers, ainsi que le quartier du chaudron, dont vous êtes originaire, de même que l’ensemble du bassin d’emploi que couvre votre circonscription. Au-delà des clivages partisans, nul ne peut remettre en cause l’excellence de cette solution, dont le dossier a d’ailleurs été reconnu au niveau international, par un prix décerné aux meilleurs partenariats public-privés. La majorité à laquelle vous appartenez s’est donnée pour mission d’estomper les effets des politiques économiques injustes et néfastes menées par le Gouvernement précédent.
Dans ce cadre, la remise sur les rails du projet ferroviaire réunionnais constituerait plus qu’un signe fort : elle amorcerait une première mesure de sortie de crise, de nature à restaurer le dynamisme et la confiance aux travailleurs et aux entrepreneurs de La Réunion.
Car les travailleurs, madame la députée, n’en peuvent plus d’être contraints au chômage ; et les artisans, comme j’ai pu le constater encore récemment au cours du lancement d’une activité associative, sont désespérés. La dépression est forte. Elle ne doit pas se transformer en catastrophe. Et c’est dans ce but, madame la députée, que je me permets de vous rappeler les propos tenus par le chef de l’État, qui ont sans ambiguïté appelé au renouveau d’une solution ferroviaire créatrice d’emploi, de modernité, d’espoir ainsi que de progrès technique et social.
Ainsi ai-je l’honneur, de solliciter votre implication dans la réalisation de cet engagement, plus que jamais indispensable à tous.

Geoffroy Géraud-Legros

* Communiqué publié in extenso dans “Témoignages”, le 5 janvier 2012


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