Di sak na pou di

Lettre ouverte au ministre de l’Éducation Nationale : l’école doit être le premier rempart contre le racisme

Témoignages.re / 16 août 2010

Monsieur le ministre,
notre île est une terre d’accueil, une terre plurielle et tolérante.
Notre histoire, notre identité favorisent notre épanouissement et surtout notre cohésion.
Nous avons réussi de vivre sur une belle Terre où notre mieux vivre ensemble l’a emporté sur ces douloureuses blessures liées à ce passé esclavagiste.
Aujourd’hui, nous Réunionnais sommes fiers d’exalter ces valeurs de tolérance et d’acceptation des différences : notre richesse qui unit cette île d’exception.
C’est en tant qu’enseignante et conseillère régionale déléguée à la culture et au patrimoine que je tiens à vous témoigner mon indignation devant les injures raciales proférées lors de son audition par cet enseignant : « Je suis blanc et de toute façon, ici c’est tous des nègres et toutes des p..., et c’est comme cela qu’il faut faire ».
Monsieur le ministre, conformément au programme scolaire, il est demandé à chaque enseignant d’ouvrir chaque élève à l’apprentissage des valeurs partagées, du respect d’autrui en s’appuyant sur la connaissance des textes, des symboles de la République française et de l’Union européenne notamment la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Dans un courrier en date du 8 juillet, vous avez officiellement demandé à ce qu’une procédure disciplinaire soit engagée à l’encontre de cet enseignant pour aboutir à sa révocation définitive.
Au nom des valeurs fondamentales de la République française, au nom du respectueux combat difficile mené par tous les Réunionnais, des héros qui « ont dit non à la fatalité, non à la soumission, non au déshonneur, non à ce qui rabaisse la personne humaine », non à ce système politique esclavagiste inhumain et raciste, je sollicite votre intervention pour faire aboutir la révocation définitive de cet enseignant qui salit l’image d’une île qui s’enrichit par sa diversité. Seule la tolérance, M. le ministre peut assurer sa survie.
Notre diversité : notre trésor, doit alors être protégée et surtout respectée.
« Non au racisme, respecte à nous ».
Dans l’attente d’obtenir une réponse favorable, veuillez agréer M. le ministre l’expression de mes respectueuses salutations.

Aline Murin-Hoarau, conseillère régionale du groupe Alliance


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