Di sak na pou di

Lettre ouverte aux décideurs de la majorité actuelle

Route du Littoral / Epargnons nos enfants

Témoignages.re / 25 octobre 2011

Une proposition de livraison de la future route du littoral à l’horizon 2018 (???) : voilà qui va enfoncer nos enfants dans le remboursement d’une dette dont personne aujourd’hui ne devrait s’aventurer à dire ce qu’elle sera au bout de l’aventure ni ce qu’en conséquence seront demain ses annuités.
Pour que ce projet soit crédible, différents scénarios doivent être pris en compte. Notamment et plus particulièrement ceux que nous aurions la faiblesse de considérer comme les plus improbables. Avons-nous le droit de ne pas avoir en tête que les caprices de la nature, suite au réchauffement climatique aujourd’hui mesurable sur toute la planète, pourraient nous réserver de tristes surprises ? Ce qui se passe actuellement en Thaïlande ne nous suffit-il pas ? Ne craignons-nous pas qu’en plus des travaux qui auront été réalisés maintenant, les générations de demain auront à payer les conséquences d’une telle catastrophe ?
Mais revenons à des questionnements strictement actuels.
Issu du domaine du bâtiment et des travaux publics, j’ai mené une enquête personnelle et mes inquiétudes reposent sur trois points précis.

1 - Les cyclones
La Réunion est soumise chaque année à des cyclones de plus en plus violents. Le risque doit être pris au sérieux. La personne chargée du dossier au Conseil régional, Mr Fournel, pour ne pas le citer, a répondu à la question lors d’une assemblée plénière. Je cite : «  les ingénieurs sont partis sur la base d’un cyclone exceptionnel qui pourrait se produire tous les 100 ans. Donc, il s’agit d’une hypothèse large et donc rare. En gros, l’ouvrage peut résister à des vents de 300 km/h ». Mais justement, Monsieur Fournel, qui dit probabilité rare car hypothèse large n’écarte donc pas la certitude que le risque existe. Même rare, s’il se produit, le mal sera fait et vous aurez laissé sur le dos de nos petits enfants un sacré poids.
Sans doute nous faut-il préciser ce phénomène vient tout juste de se produire quelque part sur notre planète. C’était en 1989, ça n’est pas vieux. On ne doit pas l’oublier. Lorsque le cyclone "Hugo" touche les côtes de Porto Rico, les rafales de vents sont bien au-delà des 300 km/h. Cet avertissement est à prendre d’autant plus au sérieux que des techniciens de renommée internationale prévoient dans les dix années à venir des catastrophes naturelles de plus en plus violentes. L’ONERC, au nom de la France (et de La Réunion) ne dit pas autre chose.

2 - La solidité de l’ouvrage
D’après les études que j’ai pu consulter, la distance de sécurité prévue entre la falaise et les piles du viaduc serait comprise entre 40 et 60 mètres. Cette distance est-elle suffisante pour parer à un effondrement massif de la falaise ? D’autant que les fonds marins (c’est consultable sur "géo portail") les plus profonds se situent au pied des falaises les plus hautes et, contrairement à ce qui a été rapporté, ils sont au-delà des 14 mètres. Il en va de même pour l’éventualité que l’ouvrage soit percuté par un bateau. Cette hypothèse a été qualifiée de « scénario lié à la fiction » alors que, sans revenir à ce navire qui s’est dans le passé, échoué sur les côtes de Saint-Denis, il ne manque pas dans le monde d’exemples qui illustrent cette possibilité. Quand on utilise l’argent de nos contribuables, tout risque possible doit être pris en considération. Même s’il faut en relativiser l’importance.
Et les risques de tremblements de terre ? Vous croyez qu’il faille les négliger, voire même les passer sous silence ? Une route, un pont qui s’écroulent, s’ils sont implantés sur terre, c’est tout de même moins grave que s’ils sont suspendus sur l’océan !

3 - Transport en commun et vision d’avenir.
Tout regard sur l’avenir doit se porter au-delà des 50 ans. Autrement, c’est rester dans le court terme de son « nombril ». Notre île est à l’aube de porter sur son sol le million d’habitants. Et on nous parle de transport en commun (par bus selon les engagements) contrairement à l’évolution que l’on note dans monde entier : le déplacement sur rails.

Bien que des engagements de campagne électorale ont été pris, un "come back" ne peut être que bénéfique à nos enfants. Travaillons pour le bien et pour l’avenir et de ces derniers.

David T


Kanalreunion.com