Di sak na pou di

Lettre ouverte du SAIPER à Najat Vallaud Belkacem

Témoignages.re / 8 juin 2015

À l’occasion de votre venue dans notre académie, nous souhaitons vous faire part de nos préoccupations concernant les établissements scolaires et la situation des personnels du premier degré.

De trop nombreux collègues sont agressés verbalement, voire physiquement par des parents d’élèves ; certains sont diffamés publiquement sur une radio locale de grande audience ; des directeurs et directrices sont menacés et vivent dans une contrainte perpétuelle. Tous ces faits sont dénoncés auprès de la préfecture ou auprès du recteur sans que la situation ne s’améliore, les parents restent impunis et continuent d’agir tandis que les personnels sont méprisés et leur souffrance non prise en compte.
Dans d’autres circonscriptions, le poids de la hiérarchie s’exerce de manière tyrannique et au détriment de la bonne marche du service, conduisant une intersyndicale de l’éducation à organiser une journée de grève pour faire entendre le malaise dans lequel les personnels travaillent. Malgré les menaces de représailles, nous soutiendrons toutes les demandes légitimes dans cette circonscription. La législation et le respect doivent s’exercer même à Saint-Pierre 2.

La vétusté de beaucoup d’établissements scolaires ne permet plus d’accueillir les élèves dans des conditions de sécurité minimales et certaines classes sont donc déplacées vers d’autres groupes scolaires. Cette situation génère des difficultés pour mener à bien des projets, accroit le nombre d’enfants dans certaines écoles, des problèmes matériels de transport, d’accueil... Dans d’autres écoles, la question de présence d’amiante montre les limites de la territorialisation du service public d’éducation dans la gestion du bâti scolaire et des Risques Psycho-Sociaux résultants de travaux et documents obligatoires non conformes au détriment de la santé des agents et des élèves.

Dans ce contexte, nous ne comprenons pas la décision prise par le Comité technique académique de la Réunion qui a eu lieu en deuxième instance le lundi 13 avril 2015 (en première instance la partie syndicale a opté pour un vote défavorable unanime) de fermer 34 classes sur l’académie.

Au regard de la situation sociale, 40% de chômeurs, des difficultés scolaires avérées (les dernières évaluations plaçaient le département dans les dernières positions, la dernière enquête montrait un décrochage très net des résultats entre les DOM et la métropole), la question de la langue créole, le faible nombre de classes pour les moins de trois ans, nous ne pouvons accepter cette décision qui va accroître encore plus les inégalités avec d’autres départements.

La loi de la refondation place pourtant en exergue cette volonté d’équité.
Enseigner dans ces conditions avec des effectifs élevés nous apparait peu compatible avec une quelconque égalité des chances. La question des décharges de direction est également cruciale. La fermeture de 34 classes entraîne la perte de décharge de service pour 22 directeurs(trices). Alors que le gouvernement engage une réflexion sur la question de la direction d’école, nous ne comprenons pas que dans le même temps se complique la tâche pour certains même et y compris dans les zones classées REP+. Accroître le temps d’enseignement pour ces personnels est préjudiciable à la bonne marche des établissements concernés.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons que la situation de l’Académie de la Réunion soit réexaminée pour la rentrée d’août 2015. Un véritable plan de rattrapage est nécessaire pour l’Académie de la Réunion et nous sommes persuadés que vous tiendrez compte de l’ensemble de nos revendications.

SAIPER PAS 974 (UDAS)


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