Di sak na pou di

Lorsque la Région de Didier Robert travestit la réalité : nouvel exemple avec la question des énergies

Témoignages.re / 18 mars 2011

Lu sur un site dit d’informations en ligne, ces quelques lignes issues du communiqué de la Région Réunion :
« Les conseillers généraux ont approuvé le partenariat et la participation de la Région Réunion à la Plateforme France Energie Marine (IEED). Cette future antenne régionale IEDD deviendrait à terme l’un des pôles constituant l’Institut de l’Innovation Technologique (ITT) voulu par la Région comme vitrine et plateforme de démonstration du savoir-faire régional en matière de recherche scientifique et technologique ».
Pour l’anecdote, on soulignera que les services de communication de la Région ne savent pas que les élus qui siègent à la Région sont des conseillers régionaux et non pas généraux.
Le reste du paragraphe est assez étrange. Il est question d’un partenariat et d’une participation à la Plateforme France Energie Marine. C’est un vieux projet. Petits rappels.

Octobre 2008
 : sous l’impulsion de l’équipe de Paul Vergès, la Région Réunion signe, avec de nombreux partenaires (Ministère de l’Ecologie, ADEME, IFREMER, DCNS, EDF, les Régions Basse-Normandie, Bretagne, Haute-Normandie, Pays de la Loire, Provence Alpes Côte d’Azur, et Rhône-Alpes) une déclaration d’intention dans laquelle ils s’engagent à construire, ensemble, une stratégie nationale de développement des énergies marines.

Avril et octobre 2009 : DCNS et la Région Réunion signent une première convention pour étudier la faisabilité d’une centrale d’énergie thermique des mers, puis une seconde en octobre 2009 afin d’étudier l’optimisation du système énergie qui sera intégré à la centrale.

Décembre 2009 : François Fillon annonce que la plateforme technologique sur les énergies marines va voir le jour à Brest, au sein de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). L’objectif : déployer 6 gigawatts d’énergie éolienne offshore d’ici à 2020. François Fillon poursuit : « Bien que très prometteuses, les énergies marines ne contribueront que très partiellement à notre objectif d’énergies renouvelables à l’horizon 2020. La plupart des technologies purement marines — éolienne offshore flottante, hydrolienne, énergie thermique des mers — sont encore balbutiantes et peu d’entre elles ont donné lieu à des démonstrateurs. Leur développement ne peut se faire sans intervention publique ».

Janvier 2010 : Paul Vergès envoie un courrier demandant la création d’une plateforme Energie Marine à La Réunion, centre d’essai en milieu tropical. Ce courrier est adressé au président de la République, au Premier ministre, au président de la Région Bretagne, au Pôle mer Bretagne, à DCNS, à EDF énergies renouvelables, au président de l’IFREMER et aux différents partenaires.

Jusqu’à mars 2010 : La Région aura signé des conventions et protocoles pour tous types d’énergies liées à la mer : énergie thermique des mers, site de climatisation marine urbaine, projet micro-algues marines sous serre, PELAMIS et CETO (énergie de la houle), etc.

Septembre 2010 : Le dossier de la plateforme nationale logistique pour les énergies marines renouvelables, France Energies Marines, postule au « grand emprunt » comme institut d’excellence. La sélection se fera en avril 2011, avec un jury international. Le projet souhaite obtenir 150 millions d’euros du « grand emprunt », pour une période de 10 ans, ainsi que 150 millions d’euros de la part des industriels et partenaires, afin de mettre en place les différents sites d’essais, pour tester des démonstrateurs à l’horizon 2011/2012. Parmi les sites d’essais proposés : La Réunion pour l’énergie thermique des mers.

Décembre 2010 : aucun projet réunionnais n’est retenu au titre du « grand emprunt », même dans le secteur des énergies renouvelables. Les 6 projets retenus se situent en Bretagne, à Nice et en Région PACA.

Janvier 2011 : c’est la clôture du premier appel à projet pour la création des Instituts d’excellence en matière d’énergies décarbonées (IEED). 5 à 10 IEED sont prévus pour toute la France. Les IEED sont des plates-formes interdisciplinaires dans le domaine des énergies décarbonées, rassemblant les compétences de l’industrie et de la recherche publique dans une logique de co-investissement public/privé et de collaboration étroite entre tous les acteurs. Cela doit permettre de renforcer les écosystèmes constitués par les pôles de compétitivité.

Mars 2011 : c’est la date prévisionnelle de la sélection des candidatures déposées pour les IEED. L’enveloppe 2011 pour ces IEED est d’un milliard d’euros. A ce jour, 16 mars 2011, aucune communication n’a été faite quant aux projets retenus.

Conclusions

La Région confond la Plateforme France Energie Marine et l’IEED. L’utilisation du conditionnel (Cette future antenne régionale IEDD deviendrait à terme l’un des pôles constituant l’Institut de l’Innovation Technologique) est hautement significative.

- L’action de l’équipe de Didier Robert dans ce projet pour faire intégrer La Réunion tant à la plateforme qu’à IEDD est insignifiante. Pire : les projets sont stoppés, avec la bénédiction d’EDF, La Réunion pourrait avoir une autre centrale thermique charbon.

- Pire, son équipe aura tout fait pour que les projets liés aux énergies renouvelables lancés par la précédente mandature soient oubliés. La Région Martinique a signé une convention sur les conditions de mise en place d’une centrale pilote d’Energie Thermique des Mers (ETM). La Martinique était pourtant loin derrière La Réunion en termes de pourcentage de production d’énergies renouvelables.

- On se demande bien ce qu’est « L’Institut de l’Innovation Technologique (ITT) voulu par la Région comme vitrine et plateforme de démonstration du savoir-faire régional en matière de recherche scientifique et technologique ». Aucune réponse trouvée sur internet. En revanche, on trouve beaucoup d’IRT… Institut de Recherche Technologique !!!

Kora-Ly Payet


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