Di sak na pou di

Madame Couapel-Sauret et les voies cyclables régionales : ceux et celles qui ont vécu tout ce qui a été fait « pour que ça bouge et que ça change » jugeront…

Témoignages.re / 13 août 2010

Dans “Le Quotidien” de ce jeudi 12 août, Mme Couapel-Sauret, conseillère régionale en charge des problèmes de circulation, confie au journaliste Guillaume Kempf les initiatives qu’elle entend prendre dans les plus brefs délais en faveur du développement de la pratique du vélo dans notre île. Il n’est pas dans mes habitudes de ne pas saluer les démarches qui vont dans le bon sens, fussent-elles entreprises par d’autres. Dans le cas des voies cyclables, Mme Couapel-Sauret reprend un dossier qu’elle a trouvé en arrivant en mars dernier à la Région. Et si je veux bien comprendre son désir de minimiser ce que, avant elle, d’autres ont lancé, je ne peux pas ne pas réagir quand le journaliste qui s’est retrouvé en face d’elle se permet le commentaire selon lequel « l’ancienne majorité de Paul Vergès avait caressé l’idée sans aucune traduction concrète ».

S’il suffisait de claquer dans ses doigts pour qu’une idée qui vise à bousculer les habitudes de la population s’impose à tous en peu de temps, cela se saurait. Mme Couapel-Sauret semble lancer qu’ « à partir d’dorénavant », les choses ne seront plus comme avant. On peut en sourire. Qu’un journaliste en fasse sous-titres et commentaires de son article, voilà qui nous oblige à le renvoyer à la lecture de son propre journal.
Certes, il est vrai qu’un verbe qu’il utilise alors renferme son lot de sous-entendus lorsqu’il reprend la déclaration de la conseillère régionale. Je le cite : « Il s’agit d’une idée lancée en 2006 par l’ancienne majorité, mais qui dormait depuis plusieurs années dans les tiroirs », raconte Fabienne Couapel-Sauret… » … Raconte !!!!
Oui, oh oui, elle raconte ce qu’elle veut, Mme Fabienne Couapel-Sauret. Et les nombreux acteurs, citoyens de tous les milieux, élus de tous les bords politiques, techniciens des municipalités, du Département, de la Région ou de l’État, bref les nombreux militants ou simplement amoureux de la bicyclette qui ont vécu tout ce qui a été fait par tout le monde « pour que ça bouge et que ça change » jugeront. Ils savent, eux, l’énorme travail qui a été fait et tout ce qui restera toujours à faire.

Car, en matière de développement de la pratique du vélo dans notre île, il reste à Mme Couapel-Sauret de poursuivre ce qui a été commencé : d’une part, la voie régionale en site propre qui demandera encore beaucoup de discussions, de temps et d’argent, et d’autre part, la mise à disposition des cyclistes et rollers, tous les dimanches, de l’ex RN1, mais en démarrant depuis La Possession jusqu’à Saint-Pierre. Elle aura encore à aider les associations qui sont sur le terrain de cette immense entreprise et dont le dévouement des bénévoles est indispensable.
Je lui souhaite sincèrement de réussir, non pas dans ce qui relève de l’évènementiel et qui est simple à organiser, tel le rendez-vous de 15.000 cyclistes un dimanche de juin 2009 sur la Route des Tamarins, élus de toutes tendances venant ce jour-là témoigner que cela n’était pas l’affaire d’une seule collectivité, fut-elle alors celle où je siégeais. Dans tout ce qui appartient au domaine du développement durable, il faut à ceux qui en ont la responsabilité de la patience et donc du temps, de la modestie et donc le sens de l’humilité. Les témoins du passé doivent lui rappeler ces choses évidentes.

Raymond Lauret


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