Di sak na pou di

Mais où sont les Noëls d’antan ?

Georges Benne / 18 janvier 2015

« Ce Noël est passé sans que je m’en aperçoive, me disait cette semaine un vieil ami, et je n’ai pas retrouvé la même ambiance qui régnait au temps de mon enfance, lorsque la joie rayonnait sur tous les visages et que l’émerveillement irradiait les yeux des enfants, petits et grands. Non, je n’ai pas retrouvé tout ce qui faisait pour moi le charme, la magie de Noël. » C’est qu’entre temps, le système économique et financier qui régit notre monde, nous a fait entrer de plain-pied dans le Tout-marché et a poussé le Nouveau-né de la crèche derrière le père Noël de la surconsommation.
Si nous voulons redécouvrir Noël dans toute sa fraîcheur et toute sa vérité, il nous faut revenir à la source, reprendre dans l’Évangile de Luc, cet l’admirable texte qui, pour le père Jean Cardonnel a « l’ampleur d’une œuvre théâtrale » .

« Le rideau se lève sur l’acte gouvernemental impérial par excellence » : « En ce temps-là parut un édit, un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.’’ (……) C’est ainsi que s’impose le pouvoir suprême, reconnaissable au geste le plus éclatant de sa divine majesté : l’ordre de faire compter, calculer le nombre infini de ses sujets. Il en résulte dans la ligne de sa logique cosmique, universelle, que si le divin César Auguste est la visibilité terrestre de l’invisibilité du pouvoir céleste, le Souverain Seigneur des cieux et de la terre se doit d’apparaître comme le Super pharaon, le Roi des rois, l’Empereur de tous les monarques. » « Il me suffit, poursuit Jean Cardonnel, de bondir en plein cœur de l’Histoire pour découvrir que la réalité, le premier dernier mot du réel est le contraire absolu de l’acte impérial tout puissant… Tandis que l’Empereur dirige, calcule, commande à ses sujets, l’Ange du Créateur parle à des bergers. Oui, à des bergers, l’avant-garde prophétique du peuple des pauvres. Frémissant, vibrant d’allégresse conviviale, il leur dit, chante et danse :

« Soyez sans peur ; je viens vous annoncer la bonne nouvelle, l’heureuse nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple…’’ C’est ça qu’il faut saisir, réaliser d’urgence : la nouvelle, radicalement neuve, qui sera joie foisonnante, délirante pour toute l’humanité sans frontières ni d’espace, ni de temps, ni de siècles : « Un Sauveur vous est né, le Libérateur vient d’être mis au monde entier.’’

« Il faut d’urgence écouter, accueillir, c’est-à-dire réaliser la fantastique actualité de Noël (…) D’autant plus que, parole d’ange, d’esprit pur, nous savons tous, par simple lecture évangélique, à quoi, à quel signe on reconnaît le Sauveur, le Libérateur : « Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.’’


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