Di sak na pou di

Mais où va-t-on ?

Georges Gauvin / 30 juillet 2015

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Dans Témoignages de mardi, j’ai lu un communiqué de Port Réunion. Ce communiqué avait trait au bilan des activités portuaires pendant les six premiers mois de l’année 2015. Si l’on en croit le communiqué, tout va pour le mieux et le vocabulaire utilisé le montre bien. On peut lire des expressions de ce type : « Bon score », « belles évolutions », « progression la plus forte »… tout va bien sauf si nous nous posons nos questions sous un autre angle, celui du développement réel du pays.

Plus de ciment importé et moins de ciment fabriqué

Lorsque l’on nous apprend que les importations de clinker et de gypse ont fortement diminué, par contre que les importations de ciment ont fortement augmenté jusqu’à +34 %, il en ressort selon moi que la fabrication de ciment a diminué et qu’en conséquence notre production de richesse (le ciment) n’a pas bénéficié d’un contexte apparemment plus favorable. Qu’il s’ensuit donc une occasion manquée pour notre industrie du ciment. Ce qui ne va pas dans le bon sens pour nous et notre développement réel.

Même le sucre a du mal à s’en sortir

Pour le sucre, il y a eu une baisse de 56.200 tonnes à l’export, ce qui est loin d’être une bonne nouvelle pour nous. Des retards d’ordre administratifs seraient mis en avant sans que l’on sache exactement de quoi il s’agit.

Les énergies fossiles : les vraies vedettes

Maintenant lorsque l’on nous annonce un bon en avant pour le charbon, l’huile lourde et le gasoil, de vraies vedettes de nos importations, nous nous posons des questions : on se sert sans complexe des énergies fossiles sans nous appuyer de façon préférentielle sur les énergies renouvelables. Nous ratons là une occasion de plus et cela n’est pas bon pour le pays. Ajoutons à cela l’augmentation des gaz à effet de serre et ses effets néfastes sur la santé de nos concitoyens.
Alors, voici ma question : pouvait-on faire autrement ? Pour moi oui si les choix faits avaient été différents. Comment ? Par un mix énergétique comprenant la biomasse, l’énergie éolienne, l’énergie des mers, l’énergie solaire (le parc des plaques photovoltaïques de la route des tamarins… On n’en parle plus !). On pouvait faire autrement et les importations d’énergies fossiles, on pouvait en tout ou partie s’en passer. Donc, que l’on en importe autant ce n’est par un progrès, c’est même un sacré recul aussi bien dans la défense de l’environnement que dans la production de richesses à l’échelle de La Réunion.

Les importations de voitures

Quand on dit que l’importation de matériel roulier a fortement augmenté – de 21 % soit16 827 véhicules comptabilisés. Je pense d’abord que cela fait encore plus de véhicules sur les routes de l’île lesquelles ne sont pas calibrées pour recevoir ce trafic supplémentaire : plus d’embouteillage, un air moins pur et comme je l’ai écrit ci-dessus des aléas de santé encore plus nombreux et plus graves pour notre population. Si encore ces véhicules fonctionnaient à l’électricité, à l’hydrogène ou à l’air comprimé mais en général ce n’est pas le cas. Ils ne sont pas solaires non plus, mixtes pour certains mais fort peu nombreux.

Des céréales, en veux-tu, en voilà.

Il faut encore parler des + 34 %. Rien d’étonnant puisque nous ne produisons quasiment plus de céréales alors que les conditions de sol et de climat ne nous disqualifient en aucune façon pour la culture de certaines céréales.
Alors, si la solution adoptée consiste à augmenter sans arrêt nos importations et à rogner sur nos exportations. Si la solution adoptée consiste à affaiblir nos productions intérieures. Alors, nous pouvons nous demander raisonnablement où l’on va… Mais auparavant, il est utile de faire la remarque que dans les années de l’immédiat postcolonial les capitalistes réunionnais faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour équilibrer les importations et les exportations, on doit constater qu’on en est fort loin aujourd’hui.

Aujourd’hui, je me demande où l’on va comme cela ? Dans le sens d’un développement profitable à La Réunion et aux réunionnais, j’en doute fortement.

NB Disons que ma réaction est une réaction à chaud et je pense qu’il faudra bien faire un bilan exhaustif et détaillé des importations et exportations, de leur situation de déséquilibre abyssal des unes par rapport aux autres, entre la création intérieure de richesses et les importations-exportations.au point où nous en sommes nous ne pouvons faire l’impasse sur ces données.


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