Di sak na pou di

Mal-adresse présidentielle

Témoignages.re / 28 avril 2012

Après le score catastrophique enregistré dimanche dernier par le MODEM au niveau national, mais aussi à La Réunion où le candidat Bayrou s’effondre partout dans l’île, à Saint-Leu, et même à Saint-Denis où il a pourtant obtenu le soutien de la présidente du Conseil général, le réveil du lendemain a vraisemblablement été difficile.

Le vote populaire a donné une idée assez claire des forces politiques en place. Les représentants du MODEM, groggy après cet impitoyable retour aux réalités, doivent désormais considérer qu’ils ne font pas jeu égal avec les grandes formations politiques de La Réunion. La stratégie de Thierry Robert qui a consisté à unir autour de François Bayrou des SDF de la politique n’a pas pris, et pire encore, a surement éloigné un nombre important d’électeurs qui avaient fait le choix Bayrou en 2007.

La présidente candidate à Saint-Denis a quant à elle fait un très mauvais calcul en se proclamant candidate MODEM pour la prochaine échéance législative. Après le score de dimanche, on constate que cette étiquette sera plus un handicap qu’un avantage.

Pour obtenir son soutien à la présidentielle, François Bayrou n’a même pas eu à répondre à la liste de questions qu’elle adresse pêle-mêle à Nicolas Sarkozy et à François Hollande dans une lettre ouverte envoyée à la presse.

L’adresse comme le message en ont dérouté plus d’un. En s’adressant aux deux candidats de façon commune, qu’attend-elle ? Une réponse commune ?

C’est ainsi que dans la lettre transpire le profond désarroi et l’interrogation sur la posture à prendre publiquement pour ce second tour. Comment appeler à voter Hollande et ménager un électorat à prendre à droite à Saint-Denis. Suicidaire quand on sait que l’horizon à gauche est déjà fort occupé.

Appeler à voter Sarkozy ? Après les divers revirements, comment rester crédible en retrouvant les rangs de l’UMP ? Sûrement en ne prenant pas publiquement position, mais en dessous faire Sarkozy pour rester en cohérence avec l’électorat qu’elle drague.

On compatit à l’insoluble dilemme auquel est confrontée la présidente du Conseil général. C’est le résultat des déviations politiques tous azimuts pour se maintenir à des postes de pouvoir. Désorienter l’électorat amène à la déroute électorale.

 V. Hoarau 


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