Di sak na pou di

Mauvais temps pour les femmes

Marylène Berne / 17 août 2016

Une femme diacre ! L’idée est lancée et une commission pour étudier la question a été créée par le papa François la semaine dernière. Pour Monseigneur Aubry, c’est impensable, impossible, inadmissible, inconcevable. Si vous pensez trouver une argumentation solide pour étayer son refus catégorique, vous serez déçu, en effet l’évêque a dit « Ce n’est pas possible par fidélité au choix de Jésus-Christ et à la tradition apostolique, les disciples du Christ étaient des hommes ». Et voilà la discussion est close. Que les femmes catholiques restent chez elles et vaquent à leurs tâches domestiques, les hommes sont et seront les seuls, habilités à occuper des fonctions ecclésiastiques importantes. Nous sommes en 2016, faut-il le rappeler ? En lisant le journal, je croyais me retrouver des siècles en arrière, accroupie au coin du feu, faisant cuire la soupe de mon seigneur et maitre, revenant glorieusement de la chasse ou de la croisade.

Même choc historique en découvrant la presse au sujet de Jacqueline Sauvage. Vous savez cette épouse humiliée, battue, violentée par un conjoint violent pendant 47 années et qui n’a vu que dans la mort de son bourreau de mari, la fin de son calvaire et de celui de ses enfants. Nous avions été des centaines de milliers à réclamer la grâce présidentielle après la condamnation à 10 ans de prison de cette femme victime. Le président Hollande avait alors accordé le 31 janvier une grâce partielle lui permettant de présenter une demande de libération conditionnelle.

Et bien, le tribunal de l’application des peines de Melun, a refusé cette demande, « reprochant à madame Sauvage de ne pas assez s’interroger sur son acte ». On croit rêver ! Qui sont ces magistrats pour s’arroger le droit de savoir ce qui se passe dans la tête d’une femme qui a déjà effectué 4 ans de prison ?. Combien de maris ou de compagnons violents ont-ils été libérés avant le temps imposé pour bonne conduite et se sont empressés de courir au domicile de leurs victimes pour les achever sauvagement ? J’ai en mémoire, des exemples frappants à la Réunion, au Tampon et à Saint-Benoit entre autre. Encore deux poids, deux mesures qui témoignent d’un patriarcat intolérable.

« On ne nait pas femme, on le devient » a écrit Simone de Beauvoir dans le deuxième sexe. Pour certains hommes tenants d’une quelconque autorité, il faudrait que nous le restions jusqu’à la fin des temps. Notre combat de femmes pour nos droits n’est pas encore terminé. Hélas !

Marylène Berne


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