Di sak na pou di

Merci à nos sœurs et frères réunionnais

Témoignages.re / 30 juin 2012

Avec mon épouse Simone, nous ne pouvons pas ne pas remercier chaleureusement nos sœurs et frères réunionnais qui nous ont envoyé depuis une semaine de nombreux messages de condoléances suite au décès de ma chère maman, Marie-Jeanne, appelée Janette (voir "Témoignages" du 21 juin). Cette forte expression de la solidarité et de la fraternité réunionnaises nous a beaucoup touchés et nous en avons informé tous les membres de la famille et ses proches qui ont participé nombreux à ses obsèques ce mercredi matin dans la chapelle du Centre Départemental de Repos et de Soins (CDRS) à Colmar, en Alsace.
Pour information, nous vous transmettons le texte que j’ai prononcé lors de cette cérémonie :
« En tant que fils aîné de Janette, j’adresse tout d’abord les remerciements chaleureux de notre famille aux responsables du C.D.R.S. de Colmar et de sa chapelle pour l’organisation de cette cérémonie en hommage à notre chère maman, décédée le mardi 19 juin dernier.
J’adresse également des remerciements fraternels à tous les membres et proches de notre famille qui se sont déplacés, parfois de très loin, pour venir participer à cette cérémonie. Ce sont des retrouvailles très émouvantes pour dire adieu à notre chère Janette.
Donc adieu maman, qui est partie dans un autre monde ; mais nous ne t’oublierons jamais, car tu nous as laissé un immense héritage, non pas matériel, mais moral, et c’est ce pour quoi nous voulons te rendre hommage tous ensemble.
Mais la meilleure façon d’exprimer notre amour et notre reconnaissance à Janette n’est-elle pas d’essayer de perpétuer la culture des valeurs et des principes qu’elle nous a transmis tout au long de sa vie ? Et quels sont ces valeurs et ces principes ?
Tout d’abord, le courage, la force morale, la sérénité et la détermination face aux épreuves de la vie. Des épreuves parfois pénibles, elle en a beaucoup connues : durant son enfance, une vie difficile ; l’exil de sa famille de la Moselle vers le centre de la France pendant l’occupation nazie ; la perte de son papa Pierre, très jeune, à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; ensuite, un travail considérable à accomplir pour bien faire vivre sa famille avec peu de moyens financiers…
Mais face à toutes ces difficultés, elle a constamment été courageuse, forte, sereine et déterminée, en prononçant parfois dans sa langue maternelle (le lorrain) cette phrase qu’elle m’a rappelée récemment au téléphone et qu’avec Simone nous avons inscrite sur notre frigo à la case : « imma grad uss ! ». Toujours tout droit, ne jamais abandonner, toujours continuer le combat dans lequel on s’est engagé parce que « ohna kampf ésch kè lawa mé » (sans combat, il n’y a plus de vie) et, comme nous l’a appris Che, notre cher papa, « s’lawa esch a kampf » (la vie est un combat).
Ensuite, à propos du combat, même si Janette n’a jamais été une militante engagée dans une organisation syndicale, politique ou associative, elle a toujours cultivé dans sa famille et autour d’elle des concepts fondamentaux comme l’amour, la solidarité, l’ouverture aux autres, le dialogue, la fraternité. « Ma mouss imma ann di andra dènnka » (nous devons toujours penser aux autres), disait-elle.
C’est comme ça, par exemple, qu’elle nous a fait connaître Albert Schweitzer, ce grand Alsacien, combattant pour la paix et contre la misère sur la Terre. C’est pourquoi elle a également été toujours solidaire de la lutte de libération du peuple réunionnais et que beaucoup de nos compatriotes de La Réunion nous ont exprimé leurs condoléances à l’annonce de son décès.
Voilà ce que nous ne devons jamais oublier pour continuer réellement à aimer Janette. Merci chère et inoubliable maman pour ces trésors que tu nous as offerts et que nous transmettrons aux générations à venir pour une vie meilleure. »

Lucien Biedinger,
Le Port


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