Di sak na pou di

Mesdames les députées de La Réunion,

Témoignages.re / 28 juin 2012

Vous êtes trois à siéger sous les "ors de la République" que nous citoyens "lambda" ne verrons peut-être jamais, hormis à la télé.
Vous avez été accueillies avec solennité dans ce bel édifice nommé Assemblée nationale. Photos, interviewes, mallette avec vos attributs de députées.
Vous bénéficiez de voyages en classe confortable, d’indemnités non négligeables en ces temps de crise.
Mais surtout vous avez à notre égard, que nous ayons ou non voté pour vous, une énorme responsabilité de femmes réunionnaises.
Vous nous représentez, vous devez être notre voix et la faire entendre au gouvernement d’autant plus facilement que vous faites partie de la majorité présidentielle.
La Réunion est un département où les violences faites aux femmes sont quasi quotidiennes ; violences verbales, harcèlements de toute sorte, violences physiques entraînant des blessures, des infirmités, la mort, agressions sexuelles, viols. Il y a des années qu’on entend parler d’une loi-cadre contre toutes ces ignominies, loi, qui regrouperait tous les aspects de la législation allant de la prévention à la condamnation des coupables, sans oublier une prise en charge des familles meurtries et des conjoints violents avant que l’irréparable se produise.
Nous comptons sur vous pour faire progresser ce dossier d’importance nationale. Il est temps que la société française prenne en considération ce douloureux problème, car tous les citoyens sont concernés. Le respect de l’autre et de son intégrité devrait être inculqué depuis la crèche jusqu’à l’université, chaque fait divers tragique nous montre qu’il n’en est rien.
La loi sur le harcèlement sexuel vient d’être abrogée sous prétexte de manque de rigueur, il est urgent qu’un nouveau texte de loi voit le jour.
La contraception reste un domaine peu connu pour trop d’adolescentes et même d’adultes quand on regarde le nombre important d’IVG et le nombre aussi trop élevé de grossesses précoces. L’information sexuelle est insuffisante dans le milieu scolaire et les centres de planning familial ont souffert pendant la mandature sarkozyste de coupes budgétaires entraînant des fermetures inacceptables. Il est triste de constater que les avancées obtenues dans les années 70 et 80 par la lutte de femmes progressistes soient remises en question et parfois menacées dans une indifférence coupable.
Nous pensons qu’il ne suffit pas d’avoir instauré la parité et d’avoir des députées femmes pour faire avancer la cause des femmes, il faut surtout des personnes ayant à ce sujet une détermination inébranlable pour convaincre une majorité de législateurs. Nous attendons beaucoup de vous, ne nous décevez pas.

Marianne Assing, Tatiana Assing, Marie-Hélène Berne, Maya Cesari, Joachine Dhaussy, Jean-Pierre Marchau, Sophie Pastor Berne


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