Di sak na pou di

Migration, terrorisme ou partage ?

Témoignages.re / 17 janvier 2017

Je ne sais pas si je suis cynique, réaliste ou révolutionnaire. Mais ce que je constate c’est que le déséquilibre et l’inégalité augmente alors que mes professeurs m’annonçaient, il y a cinquante ans, que le progrès allait les réduire.

Nous en sommes aujourd’hui, grosso modo à 3 milliards d’obèses et 3 milliards de crève la faim (chiffres approximatifs confirmés par une étude récente de l’INSERM). Autrement dit, notre humanité serait constituée de 50 % d’individus qui en ont trop et 50 % qui n’en n’ont pas assez. Il ne vous a pas échappé que cette situation mondiale est explosive. Le terrorisme et les tensions diverses dont vous lisez les effets dans vos journaux ne sont que les prémices de ce qui nous attend si cette situation continue à se dégrader. Et pour l’instant, malgré la désinformation, cette situation continue de se dégrader.

Les 3 milliards d’obèses que nous sommes (physiquement ou symboliquement) bénéficient depuis de nombreuses générations, du pillage des populations et des régions du Monde, grâce auxquelles nous nous sommes enrichis. Ce que nous avons tendance à minimiser, oublier, occulter, c’est que, volontairement ou pas, nous sommes les complices des décideurs qui dirigent ce système pervers dont nous profitons, bien souvent, les yeux fermés. Et, malheureusement, les coups de fouets du terrorisme ne semblent pas suffisants pour nous les faire ouvrir. Bien au contraire, la main-mise des médias par les spéculateurs et les va-t-en guerre ont tendance à nous faire croire que les miséreux et les crève la faim qui réclament leur part du gâteau, ne sont que des bandits, des criminels ou des terroristes.

Cerise sur le gâteau, au lieu de partager un peu plus équitablement les richesses du Monde, on continue cette criminelle logique d’exploitation de l’homme par l’homme en utilisant sur nos territoires la main d’œuvre bon marché que représente la part des crève la faim qui ne se sont pas encore radicalisés. Car, qui sont ces « migrants », sinon la part de la population mondiale que nous avons acculée à la famine ou à la ruine et qui viennent frapper gentiment à notre porte pour réclamer les miettes que nous leur avons volé ? Une banque suisse a eu le culot de préconiser le doublement des migrants en Europe, non pas dans un but humanitaire, mais pour accroître sa puissance économique grâce aux bas salaires. Cynique, réaliste ou révolutionnaire ?

François Maugis, La Réunion