Di sak na pou di

Mortelle reforme des retraites

Témoignages.re / 8 juin 2010

Le XXe siècle a été l’époque de nombreux acquis sociaux et symbole de progrès. Les réformes portaient bien leurs noms et visaient à améliorer la vie quotidienne des gens dans les domaines de la santé, de l’instruction, de l’amélioration des conditions de travail, l’extension aux loisirs et aux retraites. Les enfants, les jeunes, les travailleurs, les sans emplois, les faibles, les femmes, les personnes âgées : tous en profitaient.

Aujourd’hui, le mot réforme ne veut plus dire “changer en mieux” mais, à chaque fois et sous couvert d’adaptation, en pire avec pour conséquence la mise en terre du pacte social qui unit la société. Tout est fait désormais pour opposer les différentes catégories sociales et générationnelles et chacun tire la couverture vers lui en espérant passer entre les gouttes de mesures plus négatives les unes que les autres.

La retraite, considérée à juste titre comme la “mère des réformes” car elle concilie progrès social et solidarité nationale, est remise en cause. Au lieu de dégager des solutions pour son financement comme FORCE OUVRIERE propose, les patrons en profitent pour abattre un des derniers bastions, sinon le plus important des luttes ouvrières d’après guerre.

Travailler plus, toujours plus ! Alors que la productivité progresse de 3% par an depuis les trente glorieuses… « Est-ce ainsi que les hommes vivent … »
A l’heure où l’emploi des jeunes devrait être LA priorité nationale ;
A l’heure où les actifs et les seniors peinent à nourrir famille et enfants de plus en plus longtemps ;
A l’heure de la dégradation des conditions de travail, de la dureté des rapports sociaux, du refus de tout dialogue social ;
A l’heure où la pénibilité et les carrières longues ne sont toujours pas reconnues ;

Quel cynisme !

Avec le recul de l’âge de la retraite annoncé à 65 ans, voire plus pour bénéficier d’une retraite pleine et entière, faudra-t-il en venir à équiper les entreprises et les administrations en gérontologues, en kinésithérapeutes, en dentiste, en psychiatre ? Faudra-t-il, parmi les fournitures prévoir l’acquisition de sonotones, de dentiers, de loupes, de fauteuils roulants ou de déambulateurs ? Où serons-nous obligé, comme le prévoit le gouvernement, de transférer une masse salariale importante vers les régimes de l’invalidité et donc d’aggraver encore le trou de la Sécurité Sociale dont on a beau jeu de dire qu’elle est en péril ? Au delà, on voit vite que de la sauvegarde du système de retraite par répartition est en cause…

La résignation, engendrée par un appel forcené et constant à l’individualisme favorise le délitement du lien social et le recul des nombreuses mesures sociales bâties précédemment au profit de la majorité de la collectivité. Tout est mis en œuvre pour que la solidarité s’efface au profit du chacun pour soi et tant pis pour les exclus, de plus en plus nombreux qui resteront au bord du chemin.

Mais la lutte sociale n’est pas morte, au contraire ! Plus que jamais elle s’impose !
Elle est la seule voie de la majorité dite silencieuse sur une petite majorité de nantis.
Elle représente la victoire de la générosité sur l’égoïsme.
Elle inscrit la marque d’une civilisation avancée sur la loi de la jungle.
Elle porte le germe de tendre vers une société de progrès et non de déclin.

Porteuse de souffle, d’espoir et de partage, c’est la seule voie qui nous conduira vers le succès, comme les anciens l’ont démontré. Chacun doit être conscient de la nécessité de transmettre cet héritage.

Aussi, la journée de grève nationale interprofessionnelle du 15 juin 2010 doit montrer que le rapport de force existe et que la population n’est pas dupe des manœuvres du gouvernement et du patronat.

FO organise un rassemblement suivi d’un meeting le 15 juin prochain. L’expression sera libre pour permettre l’unité tant souhaitée des salariés futurs retraités.

Chantal Grégoire
Secrétaire générale de FO-Préfecture


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