Di sak na pou di

Morts d’être Français…

Témoignages.re / 24 janvier 2011

Est-il besoin de rappeler les circonstances funestes ayant entraîné la mort de deux jeunes Français tombés ces jours derniers sous le crépitement de kalachnikovs mercenaires ?
La raison de cette abominable tuerie ? Il s’agissait de deux jeunes, citoyens irréprochables et titulaires à juste titre de la nationalité française.
Et dire que depuis plus de dix ans, nos dirigeants ont essayé, par tous les moyens d’expliquer aux jeunes de notre pays ce qu’est « être Français » et quels sont, en pratique, leurs droits et en théorie leurs devoirs, liés à cette souveraine appartenance… N’est-on pas allé, après l’école de la citoyenneté, jusqu’à créer un ministère de l’Identité nationale ?
Et voici que la réponse à la question posée ne s’est pas, malheureusement, faite attendre.
Être Français, c’est être relié par toutes sortes d’attaches indéfectibles au pays qui vous a vu naître ou vous a accordé une seconde naissance en vous décernant ce titre.
C’est, de ce fait, bénéficier des avantages mais aussi accepter les inconvénients liés aux caractères fondamentaux qui ont permis la construction de la nation qui, généreusement, vous a compté parmi les siens.
Antoine de Léocour et Vincent Delory et leurs proches ont payé fort, trop fort le prix de leur appartenance.
J’espère que leur sacrifice, aussi horrible que gratuit, a pu au moins contribuer à faire de notre carte d’identité autre chose qu’un document banal, négligemment présenté lors du franchissement de nouvelles frontières.

François Esteve (f.esteve@ool.fr)


Kanalreunion.com