Di sak na pou di

Notre maloya, gardien de l’identité des oubliés de l’histoire

Témoignages.re / 2 octobre 2010

Maloya, provient des mots malgaches “maloy aho ou malahelo aho”. Ces mots traduisent une situation historique difficile, un vécu lourd et douloureux.
Le maloya chante la tristesse, la mélancolie, la violence, le mystère, la magie, mais aussi la résistance, le courage, l’espoir et le marronnage.
Ce chant, cette danse traditionnelle débarquent dans l’île avec les esclaves arrachés à leur terre natale.
Esclaves, marrons chantent et dansent et pansent ensemble leur désidentification, leur désociabilisation, leur désancestralisation. Et, nos ancêtres courageux ont su malgré l’oppression coloniale préserver la culture du maloya.
Inscrit, cela fait un an, au patrimoine culturel immatériel, notre maloya rayonne aujourd’hui en honorant tous les “zarboutan noute kiltir” et notamment tous les défenseurs de cette musique ancestrale. C’est une grande victoire remportée avec le Parti communiste réunionnais dans la lutte, dans l’union.
Aujourd’hui et demain, cette musique culturelle et cultuelle doit suivre son chemin pour s’exprimer pleinement, lumineusement, spirituellement dans la sphère publique sans pour autant remettre en cause la place que le maloya occupe déjà dans les espaces privés.
Ces lieux publics, ces temples du maloya doivent fleurir pour accueillir une grande partie de la population encore porteuse des stigmates de ce passé injuste.
Aujourd’hui, où sont les temples, pour célébrer les ancêtres esclaves, les héros, les marrons, les premiers combattants de la liberté ?
Où sont les sanctuaires pour chanter, danser, honorer nos ancêtres morts sans sépulture ?
Cette inscription du maloya, le 1er octobre 2009 sur la liste de l’UNESCO du patrimoine immatériel émane de l’équipe scientifique et culturelle de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. C’est un bel acte de réparation historique, un acte qui élimine la fracture sociale en nous faisons avancer vers l’harmonisation des cultures.
Notre maloya incarne ces nobles valeurs historiques qui sont toujours d’actualité pour bâtir une île qui s’appuie sur la résistance, la lutte, l’union, la fraternité, la solidarité.
Et c’est ensemble que chaque Réunionnais remportera de belles victoires constructives.
Notre multi-culturalité partagée est la pierre angulaire pour combattre la crise et obtenir l’égalité collective.
À Sainte Suzanne, Edmond Albius, lo Rwa kaf, figure emblématique, icône du maloya et bien sur notre « kouta kinté », fervent défenseur de l’identité réunionnaise, Lucet Langenier et tous « les autres zarboutant » chantent et dansent le maloya avec nous. Un refrain sous la fable : notre musique réunionnaise, notre maloya, c’est la lutte, un combat nourri d’espoir et de victoires.
« Que notre combat continue » pour avancer vers l’alliance de toute cette richesse : notre culture plurielle.

Aline Murin-Hoarau


“Double dix” et fête nationale

Saint-Louis et la Rivière aux couleurs de la Chine

À l’occasion de la 61ème commémoration de la fondation de la République populaire de Chine et du 99ème anniversaire de la première République chinoise (“Double Dix”-fêtée de longue date par la communauté chinoise de Saint-Louis) la Mairie de Saint-Louis met en place une “dizaine chinoise”. Dix jours au cours desquels le centre-ville de Saint-Louis et celui de la Rivière seront aux couleurs de la Chine (musique, lampions, etc.).


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