Di sak na pou di

Nouvelle Route du Littoral – vices cachés et bombe à retardement de la NRL

Courrier des lecteurs de Témoignages / 23 janvier 2015

C’est sans trop de publicité que le projet de NRL a été en partie déshabillé après l’enquête d’utilité publique en 2012. La Région a alors aussi minimisé sinon escamoté les conséquences inévitables des choix opérés et les risques courus à plus ou moins long terme. Le gouvernement ne peut continuer à feindre l’ignorance par son soutien aveugle à la NRL.
Des travaux, pourtant incontournables, ont été discrètement reportés à plus tard pour feindre la maîtrise des coûts de Matignon II.

Il en est ainsi de la suppression d’une voie du TCSP au profit d’une piste cyclable, sur le viaduc qui passe ainsi de 6 à 5 voies automobile. La Région a fait là un choix potentiellement accidentogène, coûteux et techniquement inapproprié. L’insertion des bus dans la voie lente sera risquée à l’approche du viaduc. Et puis « l’évolution du TCSP en transport guidé » exigera dans la prochaine décennie de déplacer la piste cyclable, en encorbellement au-dessus de l’océan sur une passerelle métallique !
Cette modification touche à la structure même de la NRL, contrairement aux conditions posées par les accords de Matignon II. Le choix d’une structure métallique sensible au milieu salin vient aussi contredire la déclaration d’utilité publique dont le dossier optait pour une structure en béton plutôt qu’en acier afin éviter le risque de corrosion. Enfin le coût de cette transformation inévitable n’a pas été rendu public !

L’Etat et l’Europe ont effectivement conditionné leur participation financière à l’évolution du TCSP en « transport guidé » moyennant des travaux légers ne touchant pas à la structure du gros œuvre. Cette évolution est nécessaire pour accueillir le futur Réseau Régional de Transport Guidé, le RRTG de 150 km promis pour la prochaine décennie.

Il en est aussi des travaux de déconstruction en fin de vie de l’ouvrage en mer. La Réunion ne pourra pas abandonner le viaduc en ruine à la furie de l’océan. Les générations futures, devront remettre les lieux en bon état si nous ne le devons pas avant comme après le cyclone Gamède à la rivière Saint-Etienne. La déconstruction du viaduc en mer, le transport routier et maritime et le tri des gravats et déchets de chantier sont aujourd’hui laissés à la charge des « suivants »…
En fin d’usage, la remise en état des lieux en mer est pourtant une obligation légale. La Région a prétexté méconnaitre les moyens techniques futurs, pour là aussi escamoter le coût de ces travaux inévitables. Pourtant le public était en droit d’en mesurer l’importance au moins par les moyens actuels à défaut d’illusoire « canon désintégrateur » !
Le coût d’entretien et d’exploitation des nouvelles digues et des futurs ouvrages en mer a été prétendu près de moitié moins cher. Mais en sera-t-il toujours de même lorsque la NRL aura pris de l’âge ? Pourrons-nous demain techniquement et financièrement entretenir le même linéaire de digue fait d’« acropodes » en gravats de Suède, mais aussi tous les nouveaux ouvrages en mer ? Quel sera le coût annuel d’un dispositif permanent d’intervention rapide pour sauver les passagers des véhicules et bus accidentés ou basculés en mer ?

À ces coûts supplémentaires, il faudrait encore ajouter ceux de rareté des roches massives, de dérapage du chantier en mer et de l’entrée de St Denis. Ils ont été escamotés à l’insu de l’opinion réunionnaise encore illusionnée des secours providentiels de l’Etat et de l’Europe… Et puis nous ne sommes pas à l’abri d’un dépassement des risques pour lesquels la NRL a été calculée. Pourrons-nous y faire face demain, au vu de l’ampleur de l’ouvrage ?

En comparaison avec la route du littoral actuellement sécurisée par les filets et gabions, la NRL n’apporte pas de solution supplémentaire de sécurité ou de fluidité du trafic. Elle profitera essentiellement aux majors nationaux du BTP en quête d’ouvrage d’exception et si peu aux BTP local. Bref, si peu de résultat pour un coût lui rédhibitoire qui vampirisera les finances des Réunionnais pour longtemps ! Pourrons-nous encore demain assurer notre développement par des déplacements durables ?



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Messages






  • Bonjour très intéressé par votre article j’en suis arrivé à la même conclusion à travers des recherches et plusieurs articles. Il me manque des sources fiables, en avez-vous ?

    Mon objectif est de prouver que la nouvelle route du littoral est projet qui profit plus a intérêt personnelle de certains personnes

    De plus la Réunion fait partie des meilleurs dépensier des subventions européenne, et ces subventions vont être réduite pour prioriser d’autre DOM, des pays viennent voir comment on dépense et gère les subventions, et les budgets accordés sont colossales et répartie au profit des mêmes entreprises.

    Article
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