Di sak na pou di

Olivier Hoarau (Maire du Port) ou l’art de la récupération

Courrier des lecteurs de Témoignages / 20 août 2015

Hier on critiquait, aujourd’hui on récupère.
Il y a dix mois, le conseiller municipal du Port M. Fayzal Vali lançait dans la presse (Le Quotidien, 14 octobre 2014) une polémique dirigée contre l’ancien maire Jean-Yves Langenier. Cela concernait la vente de foncier pour une extension du Jumbo Score (du groupe Casino) et la mise à disposition à ce même groupe du Marché couvert, fermé depuis plusieurs années, en vue d’une rénovation.
Il n’y allait pas de main morte, accusant l’ancienne municipalité de “brader” le patrimoine communal à une » multinationale », au détriment des petits commerçants du centre-ville.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces élucubrations ?
Eh bien, la réponse est dans le dernier conseil municipal du 30 juin 2015 qui a « officialisé la vente au groupe Casino des terrains appartenant à la commune, vente préalable à l’extension du Jumbo du Sacré-Cœur. » Par ailleurs déclare le maire « nous sommes en négociation avec le groupe Casino pour ce qui concerne les travaux et les attributions au Marché couvert » (Le Quotidien, 1er juillet 2015)
Ces décisions ressemblent comme deux gouttes d’eau au protocole d’accord approuvé dans la précédente mandature par le conseil municipal du 26 juillet 2012, puis par celui du 30 octobre de la même année, à l’unanimité des votants… y compris d’Olivier Hoarau.
Tout ça pour ça ?

Dans ce même conseil du 30 juin dernier, nous apprenons que le compte administratif 2014 est “positif” ou encore « dans le vert » selon les articles publiés par Le Quotidien et le JIR. Or, ce compte administratif concerne un budget voté par l’ancienne équipe municipale. On est loin des déclarations à l’emporte-pièce de l’actuel maire quant à une « liquidation judiciaire » guettant la commune.
Après toute une période où les actes de l’ancienne municipalité étaient présentés comme le mal absolu, on assiste actuellement au mouvement inverse : ti pa, ti pa, on reprend des projets en cours ou à venir et on les fait siens. Un petit coup de com’ pour donner une impression de neuf, et c’est gagné.

Le dernier exemple est la signature du « Pacte culturel » par le Préfet et le Maire. Ce pacte, présenté comme une première à La Réunion, assure « pour les années 2015-2017 le maintien des financements de quelques programmes déjà engagés… sans exclure le démarrage de nouveaux projets » (Le Quotidien, 19 août 2015). N’oublions pas que la première Convention culturelle signée entre l’Etat et une commune réunionnaise l’a été à la fin des années 80, au Port même. Cela a permis une programmation d’actions et d’équipements culturels que beaucoup de communes nous envient, par exemple la médiathèque Benoîte Boulard, la Halle des manifestations, Kabardock, l’école des Beaux-Arts… Ces réalisations ont donné au Port la réputation d’une ville culturelle.
“Pacte” ou “Convention”, au-delà des mots, où est donc la nouveauté mise en avant ? On attend de voir les résultats.

Firose Gador
Conseillère municipale


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