Di sak na pou di

Olivier Hoarau : "Une inertie de 43 ans", ose-t-il dire

Courrier des lecteurs de Témoignages / 12 décembre 2014

Le nouveau maire du Port était l’invité de Réunion Première ce jeudi matin 11 décembre. Voici quelques-uns de ses propos, avec les commentaires qu’ils suscitent.

Evoquant la ville du Port, Olivier Hoarau a parlé d’"une inertie de 43 ans" C’est donc, d’après lui, une ville qui a fait du sur-place depuis l’élection de Paul Vergès en 1971. Olivier Hoarau ne craint pas le ridicule. Aucun Portois sensé ne serait prêt à dire : "Oui, le nouveau maire a raison !". Quand un auditeur lui a fait remarquer que le terme "inertie" est choquant pour parler de la ville du Port, il a essayé de s’en tirer en s’enfonçant encore un peu plus dans son délire. L’"inertie" selon lui c’est
le fait que la population n’a pas été associée aux projets pire encore, le fait de ne pas avoir fait profiter la population du développement de la ville, qui a profité seulement à une minorité !

Autrement dit, les opérations RHI, les logements construits, les options d’aménagement et de végétalisation, les avancées dans l’animation des quartiers (inter-quartiers, …) tout ce qui a été regardé pendant des décennies par les autres villes comme des modèles dont elles pouvaient s’inspirer, tout cela c’est de l’INERTIE. Tout cela s’est fait sans que la population soit associée. Pire, tout cela s’est fait sans qu’elle en profite.

C’est un mensonge, qui discrédite son auteur. Pour les opérations RHI, par exemple, des milliers de familles du Port ont participé aux concertations permanentes, à tous les niveaux, dans leur quartier même. Et cela sur une période de près de 30 années. Une grande partie des habitants, de condition modeste, est devenue propriétaire de leur logement. Des élus de l’ancienne majorité se sont consacrés intensément à l’accompagnement de ces RHI. Et à la Rivière des Galets une élue est bien placée pour le savoir, c’est l’actuelle première adjointe. Un tel mensonge proféré par son maire a dû écorcher ses oreilles !

Mais le mensonge apparaît encore plus gros quand on apprend qu’à la Rivière des Galets justement, l’opérateur des L.E.S. ne vient plus rencontrer les familles dans le quartier, et qu’elles sont obligées de se déplacer à Ste-Marie. Voilà le "changement" annoncé. Il n’y a d’ailleurs plus d’espace de concertation comme avant… et c’est "le maire du changement" qui vient donner des leçons !

Autres mensonges et impostures

"Je n’ai mis personne à la porte".

Celles et ceux qui sont en souffrance aujourd’hui, rejetés et humiliés, ont dû bondir en entendant une telle contre-vérité. Mais il est allé plus loin dans la provocation : "Ceux qui pendant la campagne étaient très investis contre mon élection se sont vu CD-iser". Cette phrase restera dans les annales du cynisme… tout comme celle qui la suit : "Je ne regarde pas la couleur politique" !

"Rassurer le personnel communal".
C’est ce qui est en train de se faire, selon le maire. Quand on entend ce qui remonte des services de la mairie, mélange de peur et de révolte rentrée, c’est tout le contraire d’un personnel "rassuré" que la ville peut observer.

"Il était temps de changer l’image du Port".
Désormais pour Olivier Hoarau ces quelques mois ont changé l’image du Port, en image d’une "ville qui avance". Avant lui, il est vrai, la ville baignait dans l’INERTIE. Vanité, vanité, quand tu nous tiens….

"Personne n’a été condamné" (dans l’affaire de l’expédition punitive à la cité RN4 impliquant des proches du maire, dont un élu).
Cela enlève-t-il quoi que ce soit à la gravité des faits ? Et l’affaire est-elle close pour qu’on puisse avancer une telle information ? De plus, le maire a cherché à cacher le fait que l’élu démissionnaire a été embauché à la mairie, et dans quel service ? … dans le service d’ordre !

"Un avenir meilleur, ça commence aujourd’hui avec de vrais projets, de vrais projets en termes de réhabilitation de logements sociaux".

Le "maire du changement" ne craint pas de s’arroger un mérite qui ne lui appartient pas : un protocole a été signé le 3 décembre 2013 en préfecture par le préfet, le directeur de la Caisse des Dépôts et les présidents des intercommunalités, dont le président du TCO Jean-Yves Langenier, pour le financement d’un programme de réhabilitation de logements sur l’ensemble de l’île, dont 688 logements de la Semader au Port (pour la période 2014 – 2020, soit 31 millions d’euros, à la charge de la Semader, et non de la commune). Etre pris la main dans le sac de son prédécesseur, ce n’est pas bien !

"J’ai dit ce qui n’allait pas" (à propos, comme lui a fait remarquer le journaliste, de son appartenance à l’ancienne équipe, qu’il accuse d’inertie aujourd’hui).
C’est faux. Depuis 2008, et jusqu’à sa rupture d’avec l’équipe municipale en 2012, au contraire l’adjoint Hoarau Olivier n’a jamais exprimé la moindre opposition aux décisions prises sous la responsabilité de Jean-Yves Langenier.

"La seule promesse que j’ai faite quand j’étais en campagne c’est d’être présent et à l’écoute de la population".

Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Sa campagne, elle a tout au contraire consisté à promettre et re-promettre, du travail, du logement, demain on rasera gratis ! D’où la désillusion qui s’accroît aujourd’hui.

… et des contradictions… comme celle-ci :

"Des enseignants me disent : "Au Port on se sent bien"".

On se sent bien depuis quand ?… depuis qu’Olivier Hoarau est dans le fauteuil de maire, bien sûr ! Ou alors on se sentait bien déjà avant, suivant nombre d’enseignants qui le disaient déjà, accréditant l’image positive et dynamique de la cité portuaire.

Au final, une triste prestation, ou l’art de l’intoxication de la population !

A.D.


Kanalreunion.com