Di sak na pou di

Où est Charlie ?

Courrier des lecteurs de Témoignages / 7 avril 2015

Francis Gimenez a signé le 4 avril un courrier dans lequel il passe en revue les différents courriéristes. Il y aurait ceux qui ont quelque chose à dire mais ne peuvent rien faire que dénoncer, ceux qui n’ont rien à dire et les inconséquents parfois même délirants j’ajouterais de mon propre chef ceux qui sont grisés par leurs propres écrits…
Je me mettrais dans la première catégorie pour dénoncer l’assourdissant silence des médias, des politiques, bref, de tout le monde sur l’abominable massacre de jeudi dernier à l’université de Garissa, à l’est du Kenya. 150 personnes assassinées par les fous furieux qui ne supportent pas que des jeunes puissent s’instruire et veulent en terrorisant les populations faire régner l’ignorance et un intégrisme
religieux terrifiant. Quand il y a eu les attentats en France en janvier, une grande émotion s’est levée au delà de nos frontières, ce qui est normal, et « je suis Charlie » est devenue une phrase symbole.

Pourquoi n’y a-t-’il pas le même élan d’indignation après les meurtres à Garissa ? Doit-il y avoir une hiérarchie dans la condamnation du terrorisme et de ses crimes ? 150 jeunes kenyans tués, 150 étudiants massacrés dans leur sommeil ne méritent-ils pas une énorme manifestation avec chefs d’état en tête du cortège comme à Paris ? Il faut croire que non. Il y a déjà eu les jeunes filles kidnappées par Boko Haram ; les écoliers pakistanais tués par des talibans en décembre 2014… C’est toute une jeunesse fauchée par des commandos djihadistes en l’espace de trois mois.

Alors il faudrait dire, « je suis un étudiant kenyan, je suis une lycéenne de Chibok au Nigéria, je suis un écolier pakistanais, je suis une victime de Tunis…… », je suis un humain révolté par toute cette barbarie »

Que font les grandes nations si promptes à prendre les armes pour écraser une fois pour tous ces commandos responsables d’exactions meurtrières et fanatiques ?

Marylène Berne


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