Di sak na pou di

Ou sa nou lé arrivé ?

Témoignages.re / 10 juin 2011

C’est humain : Le Réunionnais n’aime pas qu’on lui mette son nez dans son… ! Berne et autres, à quelques erreurs près, ont inconsciemment compris et (à l’insu de leur plein gré) mis le doigt sur ce qui est sous les apparences de la situation réunionnaise. Et ça a fait mal à ceux qui sont sur leur petit nuage de suffisance ou d’inconscience de l’île, unique au monde.
Parmi les spectateurs et auditeurs des émissions de Cohen, Berne et Clark hier, et les chroniqueurs eux-mêmes, combien ont compris que les paroles de la chanson de Ziskakan et le nom de l’orchestre sont, à propos et en phase, dans le sens des commentaires sur la situation de La Réunion ? Combien, hormis les natifs créolophones, ont entendu et compris les paroles et surtout le sens des mots de la chanson ?? Nou lé arrivé à ousa band’là i râl anou !
Qui sont les responsables de la situation actuelle ? C’est qui les « band’là » ? Où sont-ils passés : Michel, Auguste, Julius et les autres qui ont mis en place tout le système politique et social qui a géré La Réunion depuis les années 60, quand le ministre qui n’arrivait plus à se faire élire en Hexagone est venu faire sa campagne pour un poste électif et renforcer la droite locale qui n’était pas à la hauteur du parti réunionnais qui se battait pour une Réunion adulte et autonome. Ont-ils été conscients que le Département de La Réunion est avant tout un territoire géographiquement limité et inextensible, car une île ? Comment et combien ont-ils été alors si inconscients pour y plaquer sans adaptation toutes les lois sociales natalistes pour un Hexagone en déficit de population à la sortie de la dernière guerre ? Sorti de son décorum et de son cinéma médiatique, le seul souci de l’élu est “agir pour sa réélection”, ceci explique le clientélisme à la limite du populisme.
Quand on a intégré ces paramètres, on comprend mieux la situation sociale et humaine actuelle catastrophique de La Réunion. On arrive au bout du bout, et la question est : “kosa i fé et ousa i fo aller ??” C’est cher payé pour le citoyen de base qui n’a pas été conscient du dicton « Tout Flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Ajoutée à cela l’aberration des salaires surrémunérés, dans le public, et le privé pour les cadres, on se retrouve avec une population domienne divisée en deux groupes qui ne vivent pas avec les mêmes notions de la Réalité, deux chemins parallèles, qui finiront par se rencontrer dans un grand bazar à éviter.
Le système actuel d’aides et de crédits permet de temporiser et donner le change par un mode de vie clinquant où les valeurs de référence ne sont plus l’Etre, mais le paraître avec comme supports : autos, Sakifo, et autres “bling bling” dans l’air du temps, même au plus haut sommet de notre Pays. « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », disent certains mystiques, mais dans un autre contexte. Pour repousser le “jusqu’à quand ?”, il faut une prise de conscience que nous avons atteint les limites de l’aberration et revenir drastiquement à l’essentiel. Qui est prêt à le faire ?? Pas les administratifs en séjour qui gèrent La Réunion. Pas les politiques, car pas en phase.
Le citoyen de base qui n’a pas compris que l’argent qu’on lui donne sans contrepartie est un cadeau cancer qui va le ronger tôt ou tard et pour aller plus loin que le bout de son nez, il faudra qu’il se bouge et fasse bouger pour accepter de définir l’essentiel. Ce sera une démarche collective : Administratifs, Politiques et Citoyens de base.

DARI, chercheur en Réalité


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