Di sak na pou di

Oui, elle dérange par moment !

Témoignages.re / 3 janvier 2011

Après la série “Martine, …”, voilà la série “Vanessa, …”. Nous avons droit à “Vanessa au Dos d’Ane”, “Vanessa milite pour les inscriptions”, “Vanessa, ci”, “Vanessa ça” !
Nous ne comprenons pas toujours les raisons rationnelles de cette focale médiatique. La liberté de la presse, me direz-vous ! Mais la liberté en matière de propagande politique en période électorale est encadrée.
Elle veut s’adonner à la politique. Soit. C’est tout à son honneur. Elle se dit de gauche ! Mais elle vouvoie ses camarades, et se pâme d’être membre d’Europe-Ecologie-Les-Verts, cet espèce d’auberge espagnole où on trouve de tout et surtout des néolibéraux, des “marchéistes” qui n’ont pas compris que la première cause de nos maux — y compris écologiques — est la « libre concurrence », les « marchés libres » (à commencer par ceux des capitaux dont le mouvement de 2% seulement sert l’économie réelle européenne).
C’est ce côté légèreté, ce jeu constant de petite précieuse, pour évoquer des banalités, des broutilles, c’est cette platitude qui m’agace, nous agace, crois-je pouvoir dire !
Et ce n’est pas faute de l’avoir invitée à débattre… avec ses Camarades de gauche !
Mademoiselle est fuyante ! Nous aimerions savoir si elle voterait le budget 2011 du Conseil général par exemple ! Nous aimerions savoir, hypothèse d’école, dans quelle majorité elle siègerait ! Nous aimerions savoir quelles sont ses propositions, leur faisabilité, quelle est sa ligne, sa stratégie politique ! Nous avons peur de sa naïveté, de sa crasse ignorance, de leur épandage. Nous l’invitons avec insistance au débat !
Car le CG et les communes sont les collectivités qui touchent à la misère des petites gens, des vulnérables. Leur détresse, leurs souffrances, celles de leurs enfants. Et à La Réunion, ces gens sont nombreux. De plus en plus nombreux. On ne joue pas avec ces choses-là ! Les collectivités sont submergées par des demandes de contrats aidés. En proie aussi à la violence qui accompagne certaines demandes. Ceux qui, un jour, réclament de l’objectivité dans l’attribution des contrats viennent réclamer quelque temps après de la subjectivité. La transparence n’est pas la solution. Elle mettra en concurrence directe les demandeurs sans interposition de l’autorité publique, elle produira plus de désordre. Evidemment, la confidentialité permet aussi quelques faveurs. A nous de les limiter, de les ramener à zéro ! Evidemment, les politiques développées tant dans la commune que dans les Conseils généraux ne sont pas à la hauteur des enjeux à relever. Mais, ces politiques sont filles des politiques gouvernementales. Et la pénurie financière réduit encore plus les marges de manœuvre. Il manque 394 millions d’euros dans les caisses du Département. La faute à la non compensation par l’Etat des dispositifs sociaux transférés. Evidemment aussi, quelques marges existent ici et là ! Mais elles sont bon an, mal an infimes ! La vraie question pour une jeune politique, c’est de se demander si la transposition du modèle métropolitain à La Réunion est pertinente ou non !
Alors, toutes les parades, toutes les provocations, toutes les gesticulations ne nous serviront pas à forcer le primat de la société sur l’économie. Cette société qui vacille, c’est aussi celle où je vis, où mes enfants vivent. Sans plan B, pour notre part. Et la politique spectacle achève de la ronger. J’attends pour ma part de ceux qui sont aux commandes qu’ils la fassent sans provocation et à ceux qui y aspirent sans démagogie. Il ne suffit pas de déranger ! Il faut aussi arranger !

Bonne année à tous !

Jean-Hugues Savigny


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