Di sak na pou di

Par fidélité à la Parole

Témoignages.re / 13 septembre 2011

Dans l’hommage qu’il lui a rendu à l’église du Bon pasteur à Saint-Pierre, Mgr Gilbert Aubry a passé sous silence le rôle décisif qu’a joué dans la vie du père René Payet, le père Jean Cardonnel, son frère en religion et son ami de toujours depuis son premier passage à La Réunion en septembre 1969. Pas un mot sur toutes ces années passées ensemble à prêcher la Parole, dans l’Église et hors de l’Église, à concélébrer au nom du Christ, à délivrer le message de Celui en qui ils croyaient, à se battre sans relâche pour tous les Réunionnais et d’abord les plus pauvres jusqu’à entrer dans l’arène politique pour mieux prendre leur défense. C’est ici justement que l’institution ecclésiale a montré son vrai visage : elle qui n’avait trouvé rien à redire à l’exercice des fonctions de maire et de conseiller général par le père Dujardin, parce qu’évidemment il était du "bon parti" de droite, a sanctionné durement le père René Payet sollicité pourtant par un grand nombre de ses paroissiens pour administrer la commune de Saint-Leu.
Pour avoir été proche de l’ancien curé de Piton Saint-Leu puis de Bras Panon ainsi que du frère dominicain, et avoir partagé avec eux de grands moments de discussion et de recherche, je peux affirmer que cette collaboration (Jean aurait préféré le mot « co-élaboration ») avait enrichi et affermi leur foi. Jean lui était reconnaissant d’avoir été le seul prêtre du diocèse à accepter de le recevoir régulièrement dans sa paroisse et de pouvoir ainsi concélébrer avec lui. Je peux ici témoigner que la participation du père René Payet aux combats politiques procédait avant tout de sa foi dans le Christ Jésus qui, comme on peut le lire dans l’Évangile, n’hésitait pas à quitter le temple pour aller sur la place publique. Lui qui avait dit « j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et vous n’êtes pas venu me voir ; j’étais étranger et vous ne pas ne m’avez pas accueilli ; j’étais en prison et vous ne m’avez pas rendu visite »…, et qui avait clairement précisé : « ce que vous ferez aux plus petits et aux plus petites d’entre les miens, c’est à moi-même que vous le ferez ».

Georges Benne


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