Di sak na pou di

Parc national : que de contradictions !

Témoignages.re / 10 mai 2013

Un rassemblement de plusieurs milliers de personnes avec leurs véhicules en plein cœur du Parc national. C’était ce jeudi 9 mai au Maïdo. L’administration du Parc n’a pu qu’être informée et donc autoriser, au moins par défaut, l’organisation de cette accumulation de personnes et de véhicules. Un Parc qui s’est révélé plutôt rigoureux avec quelques personnes modestes qui tentent de défendre leurs intérêts. Pourquoi pas ? C’est légitime si des dérives sont constatées. Mais les pollutions de toutes natures générées par ce rassemblement religieux du 9 mai sont d’un autre ordre de grandeur que celles d’un petit camion-bar ou d’un cultivateur de géranium hors limites. Pollutions sonores, pollution de l’air, abandon massif de déchets, piétinements et autres désagréments vont agresser la faune et la flore que le Parc se targue de protéger. Je n’oublie pas non plus que le Parc va laisser se perpétuer les vrombissements des hélicoptères sans les limiter au strict nécessaire (urgences médicales). Je n’oublie pas que tous les ans, en octobre, pas moins de 5.800 randonneurs envahissent, eux aussi, le cœur du Parc.

D’autres manifestations sportives de “masse” sillonnent le cœur du Parc au fil des ans. Point n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre que, une fois de plus, selon que vous serez puissant ou misérable, la loi s’appliquera… au détriment des plus modestes. Dois-je préciser que, étant catholique pratiquant et engagé, en ce jour de l’Ascension, je commémore aussi la “montée au ciel” de Jésus Christ, il y a environ 1980 ans. Mais, Dieu merci, pas dans le cœur du Parc qui, pour moi, est… sacré ! Alors je me tourne vers “mon” évêque Gilbert pour lui suggérer de rappeler à ses ouailles qu’on n’est pas plus près de Jésus en allant faire du désordre en véhicule à moteur dans le cœur du Parc. “Ça marche” tout aussi bien partout ailleurs. Puisse l’Esprit-Saint lui donner une meilleure inspiration pour l’avenir. Il y a bien d’autres endroits dans notre île pour y rassembler autant de fidèles dévots.

Quant à l’administration du Parc, il lui faut vite réfléchir à donner un minimum de cohérence à sa façon de gérer ses injonctions. Interdits et autorisations doivent être distribués en fonction des intérêts supérieurs de la faune et de la flore. Certainement pas en fonction de considérations d’opportunité économiques, sportives, religieuses ou autres. Tout comme la célébration de l’Ascension dans les Hauts, les traditions doivent être révisées régulièrement dans une perspective d’avenir. Perpétuer des traditions qui s’avèrent néfastes au seul prétexte que ce sont des traditions n’a pas de sens. C’est même suicidaire pour l’ensemble des habitants de notre île. L’administration du Parc est la gardienne de notre trésor collectif : elle n’a pas à en disposer à sa guise en privilégiant les puissants au détriment des plus modestes.

Charles Durand

Le Brûlé - Saint-Denis


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