Di sak na pou di

Pas de place pour les thèses lepénistes

Témoignages.re / 8 février 2012

La presse l’a annoncé : Marine Le Pen à La Réunion. Cette information m’a profondément chagriné et rempli d’un sentiment de honte, puis révolté. Faut-il continuer de se taire, au nom de la démocratie ?
La présence de la présidente du Front national m’horripile, car ses thèses heurtent ma sensibilité de Réunionnais. Son discours prône la division de notre peuple, la haine. C’est-à-dire le déni, le rejet de notre métissage historique et exemplaire, le rejet de notre culture riche des apports des cinq continents, le rejet de nos différences qui ne nous ont jamais gênées, de notre diversité ethnique, religieuse, etc., le rejet de notre respect mutuel, de notre pacifisme, de notre tolérance, de notre sens du partage.
Les idées nationalistes extrémistes et fanatiques de cette dame font craindre pour notre unité, notre cohésion, notre union, nos traditions. Attention, une bêtise est vite faite ; ses conséquences durent longtemps. Ne nous laissons pas séduire par les bla-bla de Mme Le Pen ! Elle utilise une xénophobie latente.
Ce racisme dont est empreint chacun de ses discours ne doit pas avoir cours à la Réunion. La division ne doit pas avoir raison de la force inébranlable de notre vivre-ensemble. Il nous appartient à tous d’être en permanence vigilants sur la question du racisme. Notre île est l’exemple même de la tolérance, du métissage et de l’absence de distinction de couleur de peaux.
Souvenons-nous un instant des souffrances de nos aînés du Conseil national de la Résistance : en pleine occupation hitlérienne, ils ont su se réunir pour réfléchir aux refondations morales et politiques de la patrie. Faut-il qu’ils aient souffert, connu le martyr, pour rien, alors qu’ils voulaient nous léguer des valeurs que nous ne savons plus défendre aujourd’hui ? Là, nous avons toutes les raisons de nous indigner et de nous révolter. Il faut transformer notre indignation en action civique, car, lorsque les valeurs et les fondements de la légitimité démocratique sont bafoués, la désobéissance devient légitime.

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com