Di sak na pou di

Pas si fous ces Anglais !

Témoignages.re / 6 mars 2012

Alors que le déficit de l’Angleterre est bien supérieur à celui de l’Italie et de la France, les Anglais se moquent comme de leur première guigne des officines de notation. Qu’ils obtiennent un triple A ou un double Z, les intérêts de leur dette seront toujours insignifiants ! Pourquoi ?

Parce que tout simplement, ils ont la maîtrise de leur monnaie et la banque centrale d’Angleterre prête à l’État directement, avec un taux d’intérêt proche de zéro… (comme pouvait le faire la Banque de France avant l’arrivée au pouvoir des intégristes de la privatisation en 1973). Ainsi donc, l’État Anglais tout en étant dans la communauté Européenne, n’a pas à s’agenouiller devant les banquiers pour financer ses dépenses. Pas si fous ces Anglais !

En fait, même si au pays de Miss Thatcher, le libéralisme reste encore "la bible économique" ; chez les Anglais, le pragmatisme reprend toujours le dessus.
Par contre, dans la zone euro, les « fadas du libéralisme », dans leur aveuglement idéologique, sont allés jusqu’à voter des lois qui interdisent à la banque de France, puis à la Banque Centrale Européenne (BCE) de prêter aux Etats à 0% pour construire les infrastructures dont les pays ont besoin : hôpitaux, écoles, routes, etc.…
Il s’agit de la loi Giscard 1973, des articles 104 du traité de Maastricht, et 123 du traité de Lisbonne.
Articles sortis par la porte lors du referendum sur la constitution Européenne par trois peuples, et qui, au mépris de toute démocratie, sont repassés par la fenêtre grâce aux « bons soins » de Messieurs Sarkozy, Bayrou &Co, sans oublier tous les « oui-ouistes », du Parti socialiste et des Verts !

Par contre, la Banque Centrale Européenne (BCE) a parfaitement le droit grâce à eux, de prêter aux banquiers à un taux proche de zéro… Cela essentiellement pour tenir à flot les fonds de pension par capitalisation des retraités allemands et anglo-saxons sur lesquels spéculateurs et autres rentiers font des choux gras ! Mais bref, nous y reviendrons !

En conséquence, à cause de ces lois passées inaperçues, les Etats, pour financer leurs équipements sont obligés de se prostituer sur les marchés financiers auprès des banques privées qu’ils ont d’ailleurs renflouées… Avec à la clé, de juteux taux d’intérêt qui varient selon le jugement des officines de notation. Comme des proxénètes, ce beau monde de la finance s’en met plein les « fouilles » en ponctionnant des intérêts sur l’activité des États et des Régions, en rackettant plus durement les plus faibles comme la Grèce et le Portugal.

Résultat avec cette organisation économique aussi débile que perverse, fondée sur une idéologie de pacotille selon laquelle les marchés seraient autorégulateurs, les intérêts de la dette en 2012 seront pour la France de 48 milliards d’euros soit une somme à mettre en relation avec le budget de l’éducation Nationale : (à peine plus de 50 milliards)…
Dans le même temps, les ayatollahs du libéralisme ferment des postes d’enseignants, d’infirmières, etc. pour économiser une broutille… privant ainsi des milliers de jeunes d’un emploi stable… Le vrai courage de nos élus serait de mettre fin à ces lois qui organisent le pillage des états et des peuples, pour l’enrichissement de quelques rentiers et autres financiers.

Didier Le Strat


Kanalreunion.com