Di sak na pou di

PCR la pou refé !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 23 décembre 2015

Le PCR est né d’une analyse internationale et locale qui commandait à ses membres fondateurs de réclamer l’exercice des pouvoirs de décision et de gestion des affaires réunionnaises par les Réunionnais. Même entrainé dans le tumulte de l’Histoire et face à l’adversité la plus répressive, le PCR n’a jamais abdiqué ses convictions. Retenons, par exemple, que le PCR a été un des rares partis communistes à avoir condamné l’invasion de Prague par les chars de l’armée soviétique. Mesure-t-on aujourd’hui les implications et la valeur cet acte dans son contexte ?

Durant ses 55 ans passés, le PCR a combattu plusieurs types d’adversaires. En premier lieu les départementalistes de droite, qui ont tenté de confondre malhonnêtement le PCR avec les partis communistes de filiation soviétique. Le PCR a toujours revendiqué son indépendance idéologique. Il n’est comptable que devant son peuple. En deuxième lieu les départementalistes de gauche, qui, dans une conception occidentale d’opposition gauche/droite, tentent maladroitement de disputer au PCR un discours humaniste et social. Face à ces deux forces traditionnelles du paysage politique réunionnais sont apparus depuis Peu deux mouvements aussi soudains que fortement médiatisés : le PLR et le LPA. Le point commun de ces deux mouvements résident dans le fait qu’ils se sont développés en prenant appui sur le PCR. Le PLR est né lorsque Huguette Bello était encore dépositaire de mandats électifs obtenus sous l’étiquette du PCR : député et Maire. Refusant les consignes de son parti d’origine, le PCR, elle a créé son propre parti pour le combattre : c’était flagrant lors des élections locales, le PLR avait des candidats quasiment exclusivement que sur les bastions traditionnels communistes. A noter, qu’à l’exception du Port, le PLR et ses alliés ont perdu toutes les élections depuis cette date. Le LPA, quant à lui, est né de l’union PCR-Thierry Robert, à l’élection municipale de Saint-Leu. Il n’avait pas encore de parti. Ensuite, élu maire, Thierry Robert a « recruté » les militants communistes locaux pour aller grossir les rangs du MODEM. Aujourd’hui, Il n’a plus un seul élu communiste dans son conseil.

Ces quatre forces convergeant vers la destruction du PCR équivalent aux quatre colonnes du Général Franco attaquant Madrid. À ceci près que Franco se plaisait à dire qu’il avait une arme secrète : une cinquième colonne, invisible car agissant de l’intérieur de Madrid : des traitres à sa solde.

Le PCR aussi a dû combattre une cinquième colonne.

Lorsqu’en 2011, Yolande Pausé et Daniel Alamelou refusent de respecter la parole donnée à Maurice Gironcel (à la population de Sainte-Suzanne et au Parti à travers la section communiste locale), c’est avec le soutien de Huguette Bello. Elle donne le signal de la destruction du PCR. Ce que la droite et le gauche départementalistes n’ont pas pu faire, elle se fait fort de le faire... Devant l’échec de la manœuvre, elle fonde le PLR en 2012. Certains la rejoindront directement (Sainte-Suzanne, Saint-André, Cilaos, Le Port, La Possession, Saint-Paul…), d’autres resteront au parti pour le combattre de l’intérieur.

Les agissements des membres de cette cinquième colonne sont parfois publics : un maire communiste annonce la titularisation générale de ses agents sur le budget municipal, alors que le PCR ne cesse de réclamer, a minima, au gouvernement la prise en charge, sur budget de l’État, de la sur-rémunération décidée par l’État – position respectée par tous les autres maires communistes qui deviennent dès lors la cibles des syndicats et employés communaux ; un dirigeant de section communiste qui possède une pétition qui peut changer le rapport de force électoral, préfère obéir aux injonctions d’un adversaire PLR au lieu de favoriser le PCR ; se singulariser en dénigrant à chaque occasion les dirigeants du PCR « avec toute l’affection que je [leur] porte »… Mais, le plus souvent, ces agissements sont insidieux : méconnaissance des décisions collectives et mépris de la solidarité dues aux frères d’armes pour n’agir qu’en fonction d’une « conviction profonde personnelle » ; manipulation des militants – fort de son statut fonctionnel ou historique – pour annihiler une section, refuser de présenter un candidat à une élection, faire voter contre les consignes du Parti…

Jusqu’à maintenant, le PCR a toujours été transparent à ces félonies. En témoignent les décisions du 8e congrès (qu’il conviendra un jour d’étudier comme un exercice expérimental de science sociale en milieu ouvert). Le « Conseil de la reconstruction du PCR », installé suite à la crise de 2012, après un an de travail assidu, abouti aux décisions suivantes : sur l’autel de la préservation de la cohésion du Parti, les congressistes ont adopté des mesures consensuelles bâties sur une réaffirmation de principes idéologiques, certes, mais un compromis organisationnel qu’on savait loin d’être parfait. Le postulat était alors que « si un camarade i plait pa nou, raye pas son nom, aide a lu ; ensemble, alon aide a lu a améliore a lu ».

Le Conseil Politique du PCR du samedi 19 décembre 2015 a mis fin à cette expérimentation. Une page se tourne dans l’histoire politique réunionnaise. Le PCR peut entièrement se consacrer à obtenir l’exercice des pouvoirs de décision et de gestion des affaires réunionnaises par les Réunionnais, dans la République. Les conditions politiques et sociales n’y ont jamais été aussi favorables.

Fraternité,

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan,
Heureux Réunionnais, Citoyen Terrien


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