Di sak na pou di

Philosophie

Georges Benne / 13 juin 2015

C’est le temps du bac, et les candidats s’apprêtent à subir (le terme n’est pas trop fort) l’épreuve de philosophie qui est toujours un véritable casse-tête pour la plupart et dont ils ne garderont pas le meilleur souvenir. C’est qu’il leur a fallu, en moins de neuf mois, survoler à toute vitesse le programme, alors que toute une vie ne suffirait pas pour connaître à fond l’œuvre d’un seul philosophe. Hommage donc à leur professeur pour cette course échevelée afin de faire de son mieux. Mais toute leur vie, ils risqueront de traîner après eux une fausse idée de la philosophie, considérée à tort comme une matière abstraite, diablement compliquée et complètement en dehors de leurs préoccupations, tout juste bonne pour les philosophes.

Ce qui faisait dire à l’humoriste Pierre Desproges : « Quand un philosophe me répond, je ne comprends plus ma question. » Mais si l’on tenait à avoir une définition de la vraie philosophie, il nous faudrait reprendre cette formule d’Alain « Le plus difficile au monde est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser ; » Et sur cette terre où, à l’heure actuelle , plus d’un habitant sur sept est menacé de mourir de faim, la phrase de Marx, plus souvent citée que réellement comprise, même de ceux qui se réclament de lui, a tout son sens : « Les philosophes jusqu’ici n’ont fait qu’interpréter le monde ; il faut désormais le transformer. »


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