Di sak na pou di

Pic pétrolier : catastrophe assurée ou assumée ?

Témoignages.re / 23 avril 2012

Il y a quelques semaines, le Club de Rome célébrait le quarantième anniversaire de son célèbre rapport (surnommé “Halte à la croissance ?”), dit aussi Rapport Meadows, du nom de son principal rédacteur. Ce rapport avait été présenté au public le 1er mars 1972, à partir d’une commande faite par le même Club de Rome (créé en 1968) au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1970. Cette célébration a donné lieu à un symposium le 1er mars 2012, dont les conclusions sont présentées sur le site du Club de Rome.
Dans le même temps, un des organismes en charge du rapport, le Smithsonian Institution, rend publique une version actualisée pour 2012 du rapport de 1972. Il s’agit, en fait, d’un second rapport, utilisant la même méthodologie que le premier, avec les mêmes acteurs, le Club de Rome commanditaire et le MIT exécutant. Les instruments d’analyse ont cependant été modernisés, pour tenir compte des importants progrès accomplis dans les méthodes d’observation et de prévision.
Le point essentiel, que tous les gouvernements, que toutes les entreprises, tous les médias auraient dû noter, est que le rapport de 2012 confirme celui de 1972. Celui-ci donnait soixante ans au système économique mondial pour s’effondrer, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement.
La situation est confirmée par la formule du “Smithsonian Magazine”, « The world is on track for disaster... », autrement dit, « tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre ».
Ce désastre, comme le résume le physicien australien Graham Turner, qui a succédé à Dennis Meadows comme rédacteur coordonnateur, découlera du fait que, si l’humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire, un effondrement économique se traduisant par une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030. Le désastre est donc tout proche.
2020 est d’ailleurs considéré par certains experts comme une date plus probable. L’effondrement pourrait se produire bien avant 2030. Autrement dit, tous les projets envisagés pour le moyen terme de 10 ans seraient impactés, voire rendus inopérants.
Les rapporteurs font cependant preuve d’optimisme, en écrivant que si des mesures radicales étaient prises pour réformer le Système, la date butoir pourrait être repoussée. Mais rien ne sera fait.
Nous devons pour notre part considérer, y compris en ce qui concerne nos propres projets, collectifs ou individuels, qu’aucune de ces mesures radicales ne sera prise. Le système économico-politique, selon nous, ne peut se réformer. Ce sont en effet les décisions des gouvernements, des entreprises et des médias qui convergent pour que tout continue comme avant, business as usual, ceci jusqu’au désastre.
Une petite preuve peut en être fournie par le fait que pratiquement aucune publicité n’a été donnée par aucun des acteurs que nous venons d’énumérer à la publication de cette seconde version du Rapport. « Demandez à un cadre dirigeant du monde pétrolier dans combien de temps les deux milliards d’Indiens et de Chinois vivront comme un Français actuel. Avant toute réponse, vous obtiendrez un grand éclat de rire » (Jean-Marc Jancovici, www.manicore.com). « Si on n’augmente pas le prix de l’énergie, on se dirige droit vers une dictature » (Marcel Boiteux, directeur de l’EDF de 1967 à 1987). Voir le site http://aid97400.lautre.net/spip.php?article1235
Retrouvons-nous pour imaginer l’avenir que les citoyens doivent construire, car personne ne le fait à leur place !

Bruno Bourgeon


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