Di sak na pou di

Plaidoyer pour une politique énergétique durable

Témoignages.re / 2 avril 2011

Face à la cascade des problèmes dus à l’accident nucléaire de Fukushima (Japon), il est urgent et nécessaire de repenser la politique énergétique dans le monde.
En effet au vu des très grands problèmes que posent les deux types d’énergies ( le fossile et le nucléaire) pour l’avenir de notre planète, nous devons penser à les remplacer par des énergies propres et renouvelables.
Le développement des sources d’énergies renouvelables doit en conséquence bénéficier de soutiens publics supplémentaires.
Quand on sait que le monde aujourd’hui consomme actuellement 65 millions de barils de pétrole par jour ainsi que 35 milliards de tonnes de charbon, on peut être inquiet de notre santé.
Nous devons alors mobiliser toutes les technologies vertes pour réduire la consommation des ressources sans pour autant sacrifier la qualité de vie.
Cela ne signifie pas pour autant un retour à l’âge de la pierre mais bien un bond en avant pour une utilisation massive et efficace des énergies naturelles à savoir l’eau, la mer, le vent, la végétation et le soleil.
La balle est dans le camp politique mais il faut que chacun d’entre nous se sente concerné et agisse à son niveau pour trouver une solution aux problèmes qui menacent notre planète.
D’ici 2050, nous serons 9 milliards sur terre et notre île enregistrera plus d’un million d’habitants. Or notre environnement est déjà très fragilisé par cette pression anthropique. Il y a alors urgence à faire admettre les projets en faveur du développement durable car nous sommes à une époque charnière. Notre planète ne peut plus attendre.
Le défi immédiat consiste à créer l’élan politique nécessaire au changement.
Notre île était bien en avance en matière d’énergies renouvelables. Le président Nicolas Sarkozy souhaitait aussi aller très vite pour que notre île montre le chemin de l’île verte. Que s’est-il passé depuis ?
Nos projets depuis mars 2010 ont subi un cyclone dévastateur. Un cyclone politique a ravagé tous nos projets liés au développement durable.
Rappelons aussi que lorsque l’Alliance était à la direction de la Région, La Réunion était exemplaire sur la politique de l’énergie renouvelable. Cette politique est aujourd’hui abandonnée par la nouvelle mandature UMP.
En effet, notre énergie thermique venue des mers a reçu un grand coup de froid.
La filière photovoltaïque et les professionnels du solaire sont victimes du coup de rabot sur les niches fiscales. Notre géothermie est bien enterrée.
Nos deux fermes éoliennes à Sainte-Suzanne et à Sainte-Rose produisent à partir du vent de l’électricité. Mais la construction d’une autre ferme dans l’Est de l’île ne semble plus être d’actualité.
Le président actuel de la région nous fait savoir que nous sommes en période de contraintes budgétaires et qu’il est dans l’obligation de faire des choix.
Le choix, nous l’avons compris messieurs, s’est axé depuis sur l’intervention en Libye qui a déjà coûté aux contribuables plus de 4 millions d’euros. Sommes- nous bien en période de contraintes budgétaires ?
Aujourd’hui, le Japon pleure ses morts et panse ses plaies dans l’angoisse permanente des rejets et contaminations et risques que fait peser la centrale Fukushima.
Notre planète continue à souffrir de la pollution. Notre nature, notre source de vie est malade. Notre environnement est agressé de façon multiple et inquiétante à la fois n’épargnant aucun secteur.
À quoi servent alors ses sommets tenus à l’échelle mondiale sans que le déclic tant attendu n’ait lieu ?
À croire que les humains et certains politiques se sont ligués contre notre terre nourricière pour la détruire.

Aline Murin- Hoarau, conseillère régionale


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