Di sak na pou di

PLFSS 2011 : Assurance-Maladie, la LMDE dénonce les mesures d’économies envisagées

Témoignages.re / 29 septembre 2010

Dans le cadre du Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale pour 2011 (PLFSS 2011), le gouvernement envisagerait des « mesures d’économies » pour l’Assurance-Maladie à hauteur de 2,5 milliards d’euros. La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) dénonce ces mesures qui visent, une nouvelle fois, à faire supporter le coût des désengagements de l’État sur les assurés sociaux.
Le niveau moyen de remboursement par la Sécurité Sociale est tombé à 55% pour les soins ambulatoires (hors ALD) ; les étudiants qui ont principalement recours à ce type de soins sont les premiers touchés par ce désengagement. Entre autres mesures, le gouvernement prévoit, en effet, d’augmenter le ticket modérateur de 0,5 point ; de réduire le niveau de remboursement des médicaments de vignettes bleues de 35 à 30% ; de relever le ticket modérateur hospitalier ; de rogner le périmètre des Affections Longues Durées (ALD). C’est la première fois qu’un gouvernement cible les ALD, il s’agit d’une étape supplémentaire dans la réduction des solidarités.
Alors que le renoncement aux soins concerne déjà 1 étudiant sur 4, l’augmentation du reste à charge, conséquence directe des mesures envisagées, aura pour effets immédiats d’augmenter encore ce phénomène.
A La Réunion, bon nombre d’étudiants se trouvent dans une situation de grande précarité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 50% des étudiants sont boursiers dont 70% d’entre eux à échelon maximum, 52% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et 52% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage.
De telles mesures, socialement injustes, contribueront à l’aggravation de la situation sanitaire et sociale dans notre île, déjà fortement touchée.
L’argument selon lequel les complémentaires santé prendront en charge par compensation les déremboursements voulus par le gouvernement révèle la nature du projet : un transfert de charge, une privatisation rampante de l’Assurance-Maladie. Seule une partie des Français parmi les plus aisés pourront à l’avenir bénéficier d’un haut niveau de protection sociale.
Depuis 10 ans, les déremboursements se sont multipliés sans effet durable sur le solde de l’Assurance-Maladie. Les mesures envisagées relèvent d’une vaine fuite en avant du gouvernement. Comme sur le dossier des retraites, le gouvernement se refuse à tirer les conséquences des évolutions socio-démographiques et de l’enrichissement croissant du pays : mettre à contribution les revenus du capital est nécessaire.
En complète contradiction avec le principe fondateur de la Sécurité Sociale : « payer selon ces moyens, recevoir selon ces besoins », le gouvernement s’apprête à faire payer aux assurés sociaux l’absence d’ambition des politiques publiques de protection sociale dont le seul horizon est, depuis 10 ans, de faire des économies, quitte à sacrifier la santé publique.
La Mutuelle Des Etudiants souhaite que le gouvernement revienne à des solutions qui ne mettent pas en péril l’accès aux soins de tous les assurés sociaux et se réserve la possibilité d’informer ses assurés et les étudiants des choix ineptes que s’apprête à valider le gouvernement.

Pour la LMDE,
Béatrice Leperlier,
Présidente de la section locale et administratrice nationale


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