Di sak na pou di

Plus que 170 ans à attendre………

Marylène Berne / 9 novembre 2016

L’égalité salariale entre hommes et femmes inscrite depuis peu dans la loi du 4 août 2014 est bien loin d’être appliquée. Depuis des années, le slogan « à travail égal, salaire égal » se borne à être un vœu pieux, invoqué dans tous les discours de celles et ceux qui luttent pour les droits des femmes.

On a maintenant une ministre de l’égalité réelle, je n’ai pas vu dans ses interventions l’intention de mener à bien cette égalité des salaires, pourtant indispensable dans une démocratie. L’écart salarial entre salariés masculins et féminins est proche de 25 %, les femmes sont pourtant plus diplômées que les hommes et pour les cadres, la différence de 15 % demeure. A cela s’ajoute le fort pourcentage de travailleuses dans le temps partiel et pire encore dans le chômage.

Un collectif « les glorieuses » a constaté que les femmes sous payées travailleront bénévolement depuis le 7 novembre 2016 jusqu’à la fin de cette année. En effet, si elles étaient rétribuées comme leurs collègues masculins, leur temps de travail serait écoulé. Ce même collectif appelait donc à cesser toute activité professionnelle ce lundi dernier à partir de 16 heures.
Action symbolique évidemment mais qui a le mérite de rappeler à l’opinion publique et à nos élus des deux sexes la réalité cruelle du monde du travail. Faut-il encore préciser que dans notre beau pays, seules 22 % de femmes sont à l’Assemblée nationale, 27 % sont sénatrices alors que nous représentons 53 % du corps électoral. Nos deux députées réunionnaises Monique Orphée et Huguette Bello bénéficient d’une notoriété médiatique, si j’en crois le dernier sondage IPSOS. Tant mieux pour elles, mais madame Bello, élue depuis 1999 ne s’est pas particulièrement distinguée à l’Assemblée Nationale pour faire avancer les droits des femmes et la lutte contre les violences qu’elles subissent.

Si rien n’est fait concrètement dans les années qui viennent, l’égalité des salaires sera effective en 2186, c’est-à-dire dans 170 ans ! On ne peut pas dire que ce soit une vision très optimiste de la situation sociale. Les candidats à la présidentielle se bousculent au portillon pour devenir le Président. Pour la plupart, ils se battent pour parader pendant 5 ans, sans être gênés par leurs fausses promesses. Notre rôle en tant qu’électrice et électeur devrait être une lecture approfondie des programmes pour voir celui qui correspond le mieux à nos attentes. Le bulletin de vote se mérite, ceux qui ont trahi nos espoirs ne sont pas dignes de le recevoir et il y en a une flopée, Sarkozy, Hollande, Fillon, Coppé pour ne citer qu’eux.

Le combat pour le respect des droits des femmes dans tous les domaines est aussi important que tous les autres points abordés dans les débats. Malheureusement, il est trop souvent ignoré et c’est de notre responsabilité de le faire apparaitre dans les prochains jours ou de sanctionner les candidats qui le passerait sous silence.

Marylène Berne


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