Di sak na pou di

Pour le SMIC à 1.700 euros : notre responsabilité vis-à-vis de l’humain d’abord

Témoignages.re / 5 avril 2012

Il est significatif de constater que la désespérance des travailleurs et des demandeurs d’emploi n’émeut pas la France d’en haut : rien ne lui semble excessif et irresponsable en l’espèce.
L’extrême de la situation convient à ceux qui en sont les bénéficiaires, aux accapareurs de tous poils bien ancrés dans leur position de classe ; ou rencontre la compassion cathartique et expiatoire devant « une situation malheureuse, contre laquelle on n’y peut rien, les dures lois du marché et de la Vie (rien que ça !) étant ce qu’elles sont ».
« Le réalisme »
, « le pragmatisme » font florès chez les possédants sur fond d’horizon indépassable du capitalisme, qui pourtant va très mal !

Mais dès que la question sociale s’affirme, alors les cris d’orfraie des mêmes rivalisent afin d’éviter le débat.
Et fusent : « comment vont faire les très petites et les micro-entreprises à La Réunion ? » ; « avec la crise, quelle incohérence d’alourdir encore les "charges" sur les entreprises...? ».

La revendication d’une revalorisation du SMIC (et des minima sociaux) dérange, notamment ceux, volontaristes ou honteux, qui visent sa disparition en tant que telle. Le patronat est consensuel sur ce point.
Néanmoins, ces questions que se posent légitimement certains de nos artisans et petits entrepreneurs sont instrumentalisées. Et nos petits producteurs deviennent, parfois à leur corps défendant, les fantassins d’une guerre qui n’est pas la leur. « On croit se battre pour la patrie, on se bat pour le Capital ». Et les grosses entreprises de s’abriter derrière les petites qu’elles saignent allègrement au quotidien.
Les richesses créées par les travailleurs à La Réunion sont largement ponctionnées par les Sociétés Transnationales (STN) et leurs filiales qui les font remonter à leurs sociétés mères via des artifices comptables et managériales ; et libres de « profiter » du fait de la « concurrence libre et non faussée ». Que ce soit dans le BTP, dans l’Import-Export, dans la Grande distribution, les Télécommunications....
À ces docteurs es Responsabilité bien choisie, disons leur : « comment fait-on pour vivre avec 1.000 euros ? ». Et J. Luc disait : « en l’absence de réponse, circulez ».
La revendication sociale rejoint la nécessité économique. L’économie s’en porterait mieux.

Le SMIC à 1.700 euros n’arrive pas ex abrupto et en solo. Il s’insère dans une politique globale permettant une accumulation locale du capital, dégageant des richesses pour financer la structuration de notre économie, permettant une production locale et son corollaire, une consommation locale sur la base d’un projet de société, d’un pacte social entre les forces vivre du pays.
Nous sortirons de la crise par la relance et nous y enfoncerons par l’austérité !
Le FG donnera aux micro et Très PE les moyens de lutter contre leur exploitation par les grosses sociétés donneuses d’ordre. Ces moyens passent par la moralisation des sous traités mettant fin à l’externalisation des risques sociaux et économiques des grosses sur les petites entreprises, par des procédures d’allotissement leur réservant des parts de marchés significatifs, par la mise en place d’un pôle public de financement afin d’affecter l’argent à l’investissement productif et à la production locale, par une mutualisation des crédits à la formation.
Les TPE seront accompagnées en cas de besoin pour leur permettre d’amortir la hausse du SMIC.

Le SMIC à 1.700 euros est une revendication posée dans l’hexagone, et ici, la vie est plus chère !
Le SMIC structure les grilles salariales et les minima sociaux. Attaquer ce référent, c’est nous convier à un autre type de société, à un recul de société (Mario Draghi et la fin d’un modèle européen) fait d’austérité et de dumping social et fiscal.
Réalisons et vivons cette noble utopie d’une vie décente aussi pour les salariés et exclus de la société.
L’Europe (la France, La Réunion) est malade des bas salaires, basses retraites et minima sociaux indécents.
La question salariale est incontournable. De mars 2009 à aujourd’hui, la vie chère la convoque, malgré ceux beaucoup trop nombreux à vouloir l’éluder, en posant l’ardente nécessité d’une autre répartition des richesses et d’un rééquilibrage Capital/Travail. Et, dans ce cadre, la faisabilité financière trouve réponse, nul besoin de s’y attarder plus que de raison.

La revendication d’un SMIC à 1.700 euros tout de suite est un élément essentiel du seul programme du FG. Elle l’assume et annonce la couleur.
Ne prétextons pas de nos spécificités contre nous (le tissu de micro-entreprises et les handicaps naturels). Ne soyons pas les pires défenseurs de nos spécificités à force d’instrumentalisation de celles-ci.
Le vote utile renforce la revendication d’un SMIC à 1.700 euros.
Notre responsabilité c’est, aussi, de souligner "tout de suite".

Pour le Comité de Soutien à Mélenchon,
Ivan Hoareau, Président


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