Di sak na pou di

Pour ta fête

Témoignages.re / 29 mai 2013

Un temps infini, de janvier à décembre

que je suis confiné dans une chambre.

Que ce soit ici à la maison,

ou à l’hôpital, c’est la prison,

la même prison pour moi,

la même aussi pour toi.

Tu sais autant que moi combien c’est difficile

Difficile, très difficile, très, très difficile.

Ni la recherche de Dieu

ni le "Voile d’Isis" (Leconte de Lisle)

n’ont été admis dans le recueil de mes œuvres

Bien au contraire, mes "poèmes antiques"

sont pleins de larmes sans pareille

au marbre désolé, où, tragique

et douloureuse se suspend une interrogation.

Tous les jours, chaque jour,

ta main passait et repassait,

passe et repasse toujours

sur mon corps martyrisé.

Nous étions à quelques jours

d’une commémoration,

celle de l’abolition

de l’esclavage.

Oui, esclavage !

Mais en moi les douleurs pointaient,

picotaient de plus en plus fort.

Et je me demandais

si un jour j’arriverais

jamais à retrouver

les miens et à t’aimer

comme je t’ai toujours aimée.

Alors, je commence à comprendre que la vie a un sens

et je réussis à me lever doucement,

à me traîner doucement.

Il y a encore du chemin à parcourir,

Seigneur, donne-moi cette force

Mon Dieu, donne-moi cette force

qui m’aidera à m’en sortir

de ce fénoir qui m’écrase.

L’aube a cet éclat écarlate de tes cheveux soyeux.

Et Dieu a envie déjà de la revêtir d’honneur, de force et de vertu.

Je te suis des yeux,

mes vieux yeux en larmes comme un monde orphelin.

Inépuisable est mon amour sans tâche pour toi,

toi, ma femme et la mère de mon enfant.

Je t’aime in-fi-ni-ment,

plein d’amour, en te contemplant.

Marc Kichenapanaïdou


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